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DÉLÉGUÉS DES MINISTRES |
Documents CM |
CM(2025)193 |
19 décembre 2025[1] |
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1548e réunion, 21 janvier 2026 8 Jeunesse et sport
8.1 10e Conférence du Conseil de l’Europe des ministres responsables de la jeunesse (La Valette, 8-9 octobre 2025) Rapport du Secrétaire Général Pour examen par le GR-C lors de sa réunion du 16 janvier 2026 |
Introduction
1. La 10e Conférence du Conseil de l’Europe des ministres responsables de la jeunesse s’est tenue les
8 et 9 octobre 2025 à La Valette (Malte), sous les auspices de la présidence maltaise du Comité des Ministres. L’ordre du jour, la liste des participants et les documents adoptés figurent aux annexes 1 à 3 du présent rapport.
2. Le titre de la conférence était « Les jeunes pour la démocratie : les perspectives des jeunes en action ». Ce thème s’inspirait des résultats du 4e Sommet des chefs d’État et de gouvernement du Conseil de l’Europe (Reykjavík, mai 2023), en particulier de la décision d’intégrer « une perspective pour la jeunesse dans les délibérations intergouvernementales et autres de l’Organisation », et s’inscrivait dans le cadre des objectifs principaux du Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe.
3. La conférence a été présidée par M. Clifton Grima, ministre maltais de l’Éducation, des Sports, de la Jeunesse, de la Recherche et de l’Innovation. Nina Grmuša, présidente du Conseil consultatif sur la jeunesse et du Conseil mixte sur la jeunesse, a assuré la vice-présidence de la conférence.
4. La conférence a également représenté une étape importante dans la mise en œuvre de la Stratégie du Conseil de l’Europe pour le secteur jeunesse à l’horizon 2030, en offrant aux ministres et aux représentants des jeunes une enceinte permettant de mener conjointement une réflexion sur le renouveau de la vie démocratique, la promotion de la participation des jeunes et le renforcement des sociétés inclusives. Un événement jeunesse a été organisé avant la conférence, du 6 au 8 octobre 2025 à Malte. La participation des jeunes délégués à la conférence et l'organisation de cet événement jeunesse ont constitué un élément et un outil essentiels pour garantir la prise en compte des perspectives des jeunes lors de la conférence ministérielle et faire entendre leur voix dans les échanges.
5. L'intégration des perspectives des jeunes dans les processus de consultation nationaux menant à la Conférence a constitué un élément clé.
Participants
6. Des ministres de la Jeunesse et de hauts responsables de quarante-cinq États parties à la Convention culturelle européenne ont participé à la conférence. Quatorze ministres et treize vice-ministres et secrétaires d’État chargés de la Jeunesse ont présidé des délégations, accompagnés de quatre ambassadeurs et ambassadrices et de seize spécialistesf. L’Union européenne, l’UNICEF et d’autres organisations internationales ainsi que le Forum européen de la jeunesse et plusieurs organisations internationales non gouvernementales de jeunesse étaient également présents en qualité d’observateurs.
7. Une innovation importante a été apportée lors de cette conférence, puisque les délégations nationales ont inscrit parmi leurs membres des jeunes délégués, issus principalement des conseils nationaux de la jeunesse. Ainsi, trente-huit délégations comptaient des jeunes délégués, et trente-quatre chefs de délégation ont partagé leur temps de parole avec eux.
8. Les personnes participant à l’événement de jeunesse, notamment les jeunes délégués, les membres du Conseil consultatif sur la jeunesse du Conseil de l'Europe et les représentants du Forum européen de la jeunesse, se sont également joints à la Conférence.
Séance d’ouverture
9. Dans son allocution d’ouverture, le président de la conférence, M. Clifton Grima, ministre maltais de l’Éducation, des Sports, de la Jeunesse, de la Recherche et de l’Innovation, insiste sur l’importance de cette réunion, qui marque une étape majeure dans l’accomplissement de l’engagement européen commun à renforcer l’autonomie des jeunes et à leur donner les moyens de forger une Europe plus inclusive et tournée vers l’avenir. Le ministre Grima fait remarquer que, alors que les jeunes sont confrontés à de nombreux défis – notamment les conflits, le changement climatique et les répercussions de la transformation numérique –, la conférence offre une occasion précieuse de renforcer la coopération et de promouvoir des politiques qui placent les jeunes au centre du processus décisionnel. Il souligne le rôle essentiel que joue le Conseil de l’Europe pour soutenir la participation des jeunes grâce à la Stratégie pour le secteur jeunesse à l’horizon 2030 et à la recommandation relative au travail de jeunesse, et présente les thèmes de la conférence : « Les jeunes et le Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe » et « Intégrer la perspective de la jeunesse : Une opportunité d’élaborer des politiques ensemble ».
10. Le Secrétaire Général, Alain Berset, dans sa propre allocution, souligne à quel point il est important de réunir des jeunes délégués et des responsables politiques expérimentés, rappelant que treize années se sont écoulées depuis la précédente Conférence des ministres responsables de la jeunesse. Il évoque les évolutions technologiques, sociales et environnementales rapides qui ont façonné une nouvelle génération et insiste sur la nécessité de combler le fossé qui se creuse entre les générations, en instaurant un véritable dialogue intergénérationnel conduisant à une authentique inclusion. Affirmant qu’il est nécessaire de renouveler la démocratie plutôt que de l’abandonner, il présente la réflexion du Conseil de l’Europe sur un Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe, qui vise à restaurer la confiance des jeunes et de faire en sorte qu’ils retrouvent le sens de la démocratie. Le Secrétaire Général mentionne également les initiatives en cours, en particulier le projet de convention sur la désinformation et l’influence étrangère, et salue le rôle actif et les contributions des représentants des jeunes qui participent à la conférence.
11. Nina Grmuša, présidente du Conseil consultatif sur la jeunesse et du Conseil mixte sur la jeunesse et vice-présidente de la conférence, souligne que sa participation en cette qualité n’est pas symbolique mais politique et qu’elle traduit l’action normative et l’engagement de longue date du Conseil de l’Europe en faveur d’une participation significative des jeunes grâce à son système de cogestion. Elle rappelle son expérience personnelle, elle qui a grandi dans une région sortant d’un conflit, et met en avant le pouvoir transformateur du dialogue, de la réconciliation et des initiatives menées par les jeunes. Mme Grmuša ajoute qu’il est important de continuer à investir dans les structures de jeunesse, telles que le Fonds européen pour la jeunesse et les organisations de la société civile dirigées par des jeunes, qui sont essentielles au renouveau de la démocratie. Faisant référence à des initiatives telles que la campagne « Démocratie ici | Démocratie maintenant », elle affirme que les jeunes sont des agents actifs de l’innovation démocratique qui apportent empathie, résilience et courage à la vie démocratique. Elle appelle les gouvernements à respecter leurs engagements politiques et à veiller à ce que les jeunes, en tant que titulaires de droits et partenaires, soient associés de façon systématique et significative à la construction de l’avenir démocratique de l’Europe.
12. Le Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Theodoros Rousopoulos, indique que les déclarations politiques n’ont de sens que lorsqu’elles se traduisent par des actes concrets. Il demande instamment aux participants de s’assurer que les conclusions de la conférence deviennent un engagement actif plutôt qu’une nouvelle promesse laissée sur le papier. Il appelle à intégrer systématiquement les perspectives des jeunes dans tous les domaines politiques, à faire progresser notre modèle en passant de la participation à la codécision, à mettre à la disposition des parties prenantes des outils permettant de transformer les ambitions en résultats et à renforcer la démocratie grâce à l’éducation et à l’inclusion, en soulignant que la démocratie trouve sa source dans le dialogue quotidien et l’engagement civique.
13. Le Président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, Marc Cools, souligne le rôle crucial de la participation des jeunes à tous les niveaux de gouvernance et annonce l’adoption prochaine de la Charte européenne révisée sur la participation des jeunes à la vie locale et régionale. Il présente l’initiative « Rajeunir la politique », que le Congrès porte depuis longtemps et qui a mobilisé près de 500 délégués jeunes au cours des dix dernières années, ce qui garantit que les perspectives de la jeunesse sont prises en compte dans les travaux du Congrès. Il réaffirme l’engagement du Congrès à sauvegarder la liberté d’expression de tous les représentants des jeunes et appelle les collectivités locales et régionales à faire respecter des normes ambitieuses en matière de participation des jeunes, en premier lieu dans les établissements scolaires et les structures locales.
14. Le commissaire européen à l’équité intergénérationnelle, à la jeunesse, à la culture et au sport, Glenn Micallef, affirme que la démocratie naît de la participation et prospère lorsque les jeunes y jouent un rôle central. Il rappelle les défis qui se posent actuellement au niveau mondial, notamment la désinformation, la polarisation et les menaces contre la liberté, et évoque les efforts déployés par l’Union européenne pour promouvoir l’engagement des jeunes par l’intermédiaire d’initiatives telles que le bouclier européen de la démocratie, le renforcement des possibilités offertes par le projet Erasmus+ et le comité consultatif des jeunes. Saluant la résilience de la jeunesse, en particulier en Ukraine, il souligne l’importance du partenariat établi entre l’UE et le Conseil de l’Europe dans le domaine de la jeunesse pour faire en sorte que la participation devienne une réalité vécue par tous les jeunes Européen·nes.
15. Le président du Forum européen de la jeunesse, Rareș Voicu, remercie la présidence maltaise d’avoir organisé cette conférence après treize ans et souligne le rôle essentiel des organisations de jeunesse et des conseils nationaux de la jeunesse en tant que partenaires dans la construction d’une culture de la démocratie et de la participation. Il met en garde contre le rétrécissement de l’espace civique dans certaines régions d’Europe, appelant à la protection de la liberté d’expression, de réunion et d’association. M. Voicu se félicite des 21 appels à l’action figurant dans le projet de déclaration et de la Résolution sur le Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse, en demandant instamment aux gouvernements d’assortir leur engagement politique d’un financement pérenne des structures et organisations de jeunesse. Il conclut en appelant à ce que les résultats de la conférence se traduisent par des progrès durables pour les générations futures.
Session plénière 1 : « Les jeunes et le Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe »
16. Dans son allocution d’ouverture, Federica Mogherini, rectrice du Collège d’Europe et directrice de l’Académie diplomatique de l’Union européenne, s’intéresse à la signification et à la vitalité de la démocratie dans l’Europe contemporaine. Elle affirme que la démocratie n’est pas seulement un cadre institutionnel, mais un processus vivant qui dépend de la participation active et de l’autonomisation des citoyens, en particulier des jeunes. Une démocratie sans participation devient une coquille vide, observe-t-elle. L’Europe continue de faire respecter certaines des normes démocratiques les plus strictes au monde, mais ces réalisations ne doivent pas nous conduire à relâcher notre vigilance. La démocratie exige un renouveau, une coopération et une confiance de chaque instant. En s’appuyant sur son parcours personnel – de sa participation à la campagne du Conseil de l’Europe « Tous différents – Tous égaux » et de son travail auprès des jeunes au Centre européen de la jeunesse aux fonctions politiques et diplomatiques qu’elle a exercées par la suite –, Mme Mogherini rend hommage au Conseil de l’Europe et à ses structures de jeunesse, qui ont forgé son engagement en faveur des valeurs démocratiques et de l’inclusion. Elle appelle à un investissement soutenu dans les organisations de jeunesse et le travail de jeunesse, faisant valoir que les jeunes ne représentent pas seulement l’avenir, mais aussi une partie essentielle du présent démocratique de l’Europe. En conclusion, elle déclare que l’autonomisation va de pair avec la responsabilité d’agir et de renforcer la démocratie pour la prochaine génération.
17. Yevheniia Fedotova, membre du Conseil consultatif sur la jeunesse, souligne qu’il n’est pas possible de parvenir à un renouveau démocratique en utilisant les méthodes du passé et que les jeunes doivent être reconnus comme des partenaires à part entière dans la construction de l’avenir de l’Europe. En s’appuyant sur son expérience personnelle dans le cadre de ses interactions avec des jeunes vétérans, elle décrit comment les initiatives menées par les jeunes favorisent la résilience des populations et contribuent à défendre les valeurs démocratiques qui sont mises à mal. Elle appelle à ce que le Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe se traduise par des mécanismes de participation concrets et qu’il donne notamment lieu à une augmentation des investissements dans le travail de jeunesse, à la création d’un troisième Centre européen de la jeunesse et à la mise en place d’un système de cogestion à tous les niveaux politiques. Mme Fedotova ajoute qu’il est important d’apporter un soutien durable aux organisations de jeunesse et aux délégations de jeunes, ainsi que de leur assurer des budgets suffisants afin de veiller à ce que les jeunes ne soient pas mis à l’écart, mais qu’ils soient de véritables acteurs dans les processus démocratiques. Pour conclure, elle demande instamment aux gouvernements de se montrer prêts à travailler avec une génération qui a déjà donné la preuve de sa résilience et de son engagement en faveur de l’avenir démocratique de l’Europe.
18. Au cours des échanges qui s’ensuivent, les délégations réaffirment leur engagement profond en faveur du Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe et leur détermination à accorder une place centrale aux jeunes dans le renouveau démocratique. Bon nombre d’entre elles soulignent que la démocratie ne peut être durable sans la participation active, structurée et significative des jeunes en tant que partenaires à part entière dans la prise de décision à tous les niveaux. Les délégations insistent sur le fait qu’il est important d’intégrer la perspective des jeunes dans tous les domaines d’action et d’élaborer des cadres ou des plans d’action nationaux concrets pour mettre en œuvre ce principe.
19. Plusieurs interventions mettent en avant le rôle des conseils de la jeunesse, des systèmes de cogestion et du travail de jeunesse en tant que mécanismes essentiels pour renforcer la culture démocratique, la cohésion sociale et la confiance dans les institutions. La nécessité d’investir dans les organisations dirigées par des jeunes et de prévoir des ressources financières et des instruments d’action publique adéquats pour traduire les engagements politiques en résultats tangibles est également soulignée. De nombreux intervenant·es insistent sur le fait que la participation des jeunes doit aller au-delà de la simple consultation, pour leur donner une influence réelle, des rôles de chef de file et une représentation dans les institutions publiques.
20. Plusieurs délégations reviennent sur les répercussions de la guerre en Ukraine et sur la nécessité de préserver la démocratie dans des conditions éprouvantes, reconnaissant la résilience des jeunes et leur rôle dans la défense des valeurs européennes. D’autres délégations évoquent le rétrécissement de l’espace civique et les défis posés par la désinformation, la transformation numérique et l’érosion de la confiance dans les institutions démocratiques, appelant à renforcer l’éducation à la citoyenneté et les compétences démocratiques dès le plus jeune âge.
21. Les délégations citent aussi des initiatives nationales innovantes, telles que le contrôle des processus législatifs par des jeunes, l’abaissement de l’âge du droit de vote au niveau local et la création d’assemblées de jeunes destinées à renforcer la participation. L’importance de la coopération régionale, du dialogue intergénérationnel et de l’inclusion des groupes marginalisés est soulignée à plusieurs reprises. Il ressort de toutes les interventions, de façon unanime, que le fait d’investir dans les jeunes consiste à investir dans l’avenir démocratique de l’Europe, et que les résultats de la conférence devraient marquer le point de départ d’une action collective visant à renouveler la démocratie et à renforcer l’État de droit sur tout le continent.
22. Dans l’intervalle des deux séances plénières, Miriam Teuma, présidente du Comité directeur européen pour la jeunesse et directrice générale de l'Aġenzija Żgħażagħ (Agence maltaise pour la jeunesse), présente les résultats de la 4e Convention européenne sur le travail de la jeunesse. Elle souligne que le travail de la jeunesse agit comme un catalyseur pour un changement sociétal positif et la démocratie, renforce l'inclusion, la participation et l'engagement critique, et devrait être reconnu comme une discipline professionnelle et considéré comme un service public. Mme Teuma relaie l'appel pressant des participants à renforcer le travail de la jeunesse à tous les niveaux, soulignant le rôle central des États membres dans la mise en place de cadres, de structures de financement et de la création d'opportunités permettant au travail de la jeunesse de s'épanouir.
La nécessité de passer de projets isolés à des politiques à long terme est soulignée, ainsi que le message selon lequel l'investissement dans le travail auprès des jeunes est essentiel à la fois comme garantie et comme moteur d'un changement social et politique positif.
Session plénière 2 : « Intégrer la perspective de la jeunesse : Une opportunité d’élaborer des politiques ensemble »
23. En introduction de la séance, Jessý Rún Jónsdóttir, membre du Conseil consultatif sur la jeunesse, et Séverine Origny-Fleishman, membre du Comité directeur européen pour la jeunesse représentant la France, présentent conjointement le Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse, un des principaux aboutissements du système de cogestion du Conseil de l’Europe. Elles expliquent que ce cadre a été élaboré grâce à une étroite collaboration entre les représentants des États et des jeunes au sein du Conseil mixte sur la jeunesse et qu’il donne des orientations pratiques pour intégrer systématiquement les opinions, les expériences et les besoins des jeunes dans les processus d’élaboration des politiques à tous les niveaux.
24. Mme Jónsdóttir souligne que la prise en compte de la perspective des jeunes implique non seulement une démarche d’inclusion, mais aussi de transformation, en veillant à ce que les jeunes soient reconnus comme des titulaires de droits et des partenaires à part entière dans la vie démocratique. Elle insiste sur le fait que tous les domaines d’action ont une incidence directe ou indirecte sur les jeunes, appelant à adopter une approche intersectorielle à plusieurs niveaux en prévoyant des ressources suffisantes. Elle ajoute qu’il est important de favoriser la durabilité des initiatives, d’investir à long terme dans le leadership des jeunes et l’éducation civique ainsi que d’évaluer régulièrement les politiques menées pour garantir leur pertinence et leur efficacité.
25. Mme Origny-Fleishman présente les dimensions conceptuelle et pratique du cadre, qui est axé sur quatre principes interdépendants : penser, apprendre, participer et agir avec et pour les jeunes. Ces principes sont fondés sur les droits humains, le pluralisme, l’inclusion et la responsabilité. Elle décrit la méthodologie du cadre, qui repose sur trois phases, à savoir la préparation, puis la conception et la mise en œuvre et enfin le suivi et l’évaluation. Elle insiste sur le fait qu’un engagement politique actif et un environnement juridique favorable sont essentiels au succès du cadre.
26. Les deux intervenant·es rappellent que les Principes de Reykjavík pour la démocratie et le Quatrième Sommet des chefs d’État et de gouvernement ont confirmé qu’il y a une volonté politique d’intégrer la participation des jeunes dans tous les secteurs d’activité du Conseil de l’Europe. En conclusion, elles invitent les gouvernements à appliquer le cadre de référence comme un outil pratique permettant de garantir que les perspectives des jeunes deviennent un élément systématique, significatif et durable de la gouvernance démocratique dans toute l’Europe.
27. Les délégations saluent largement l’adoption de la Résolution sur le Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse, qu’elles considèrent comme un instrument opportun et pratique pour changer d’approche afin que les politiques ne soient plus consacrées aux jeunes, mais élaborées avec eux. Elles soulignent que, pour que cette participation soit significative, il est nécessaire de définir clairement des priorités politiques et de prévoir des ressources humaines et financières adéquates, faisant valoir que les plans pour la jeunesse, les accords de cogestion et les processus de dialogue structuré ne fonctionnent que s’ils sont associés à des ressources suffisantes et si les jeunes en voient les résultats concrets.
28. Plusieurs délégations décrivent les efforts actuellement déployés pour inscrire la participation des jeunes dans la loi, les stratégies nationales pour la jeunesse ou les organes consultatifs permanents. Elles soulignent qu’une démarche de cocréation devrait être adoptée à chaque étape du cycle d’élaboration des politiques et que les conseils de la jeunesse et les autres structures représentatives devraient être considérés comme des partenaires dans la prise de décision publique, et non comme des consultants occasionnels. Le cadre de référence est reconnu comme une base faisant autorité, sur laquelle les États membres peuvent s’appuyer pour donner un caractère systématique à ces dispositions et promouvoir la coopération intersectorielle.
29. L’inclusion et la confiance font partie des thèmes récurrents abordés dans les discussions. Les délégations affirment que les initiatives de participation devraient mobiliser des jeunes aux conditions de vie variées, y compris ceux qui vivent en dehors des grands centres urbains ou qui ne sont pas organisés au sein de structures formelles. Elles ajoutent que le dialogue intergénérationnel est essentiel pour créer un lien entre les décisions d’aujourd’hui et les réalités de demain. Les délégations mettent en garde contre une participation qui serait purement symbolique et rappellent que les jeunes ont besoin d’environnements favorables, de mentors et d’espaces accessibles pour exercer une citoyenneté active.
30. Enfin, les délégations établissent un lien entre le renforcement de la participation des jeunes et le renouveau de la culture démocratique en Europe. Elles précisent que l’éducation civique, la réduction des obstacles à l’engagement politique et la mobilisation des jeunes pour faire face aux crises actuelles sont autant de moyens de renforcer la confiance dans les institutions démocratiques. Dans ce contexte, l’adoption de la résolution et la mise en œuvre du Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse sont considérées comme un signal clair indiquant que les jeunes sont reconnus comme des partenaires dans la sauvegarde de la démocratie, des droits humains et de l’État de droit.
31. La présentation des principales conclusions de la révision de la Charte européenne de participation des jeunes à la vie locale et régionale souligne que la nouvelle Charte, élaborée grâce aux efforts conjoints du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, des organes statutaires de jeunesse du Conseil de l'Europe et d'une vaste consultation des jeunes, établit une norme claire et actualisée en matière de participation des jeunes. Cette norme est inclusive et s'inscrit à la fois comme un droit et une responsabilité. Les droits s'accompagnent de devoirs correspondants : pour les décideurs, écouter et agir ; pour la société civile, s'engager ; et pour les jeunes, non seulement s'exprimer, mais aussi participer activement et apporter leur contribution. L'importance de disposer en outre des moyens, du soutien, des opportunités et de l'espace nécessaires pour participer est soulignée. Un appel est lancé aux États membres pour qu'ils mettent en œuvre la Charte une fois adoptée, en la positionnant comme un élément clé pour renforcer la démocratie et soutenir le Nouveau Pacte Démocratique pour l'Europe.
Séance de clôture
32. Lors de la séance de clôture, le président rappelle que les principaux résultats de la conférence sont la Déclaration finale et la Résolution sur le Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse. Ces deux textes ont fait l’objet de consultations approfondies avec les délégations au préalable et ont été approuvés par les hauts responsables la veille. Sur cette base, la conférence procède à l’adoption formelle de la Résolution sur le Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse. Le président propose de l’adopter par acclamation, ce que la conférence accepte. La Déclaration finale est ensuite également adoptée par acclamation, une décision qui confirme le large consensus politique trouvé au cours de la journée.
33. Dans ses remarques finales, le président remercie les délégations pour leur participation active lors de la conférence et des travaux préparatoires. Il souligne que, malgré un ordre du jour ambitieux, les discussions ont permis de définir une trajectoire claire et tournée vers l’avenir pour la politique européenne de jeunesse qui sera mise en œuvre dans les prochaines années. Celle-ci sera fermement axée sur les valeurs démocratiques du Conseil de l’Europe – démocratie, droits humains et État de droit – et sur la nécessité d’améliorer leur résilience face aux défis actuels. Il affirme que « penser, apprendre et agir avec et pour les jeunes » n’est pas un slogan, mais une nécessité urgente, et que le Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe ainsi que le Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse offrent des instruments concrets pour y parvenir. Il encourage les délégations à procéder rapidement à leur mise en œuvre.
34. Le président salue en outre les présentations consacrées à la révision de la Charte européenne sur la participation des jeunes à la vie locale et régionale et aux conclusions de la 4e Convention européenne sur le travail de jeunesse, précisant qu’elles ont non seulement fourni des pistes de réflexion, mais aussi des orientations pour prendre des mesures positives aux niveaux local et régional, où la participation des jeunes et le travail de jeunesse ont un impact direct. Il rappelle que les ministres responsables de la jeunesse ne s’étaient pas réunis depuis de nombreuses années et propose que des rencontres ministérielles de ce type aient lieu plus régulièrement afin d’assurer un suivi des politiques de jeunesse, d’y apporter des ajustements et de leur offrir un soutien politique constant.
35. Pendant la conférence, le Luxembourg annonce son intention d’accueillir la prochaine Conférence ministérielle du Conseil de l’Europe sur la jeunesse, qui se tiendra en 2028. Cette annonce clarifie dès à présent le prochain cycle ministériel et permettra au Comité directeur européen pour la jeunesse de mener à bien les travaux préparatoires en temps voulu, en coopération avec le Conseil consultatif sur la jeunesse.
36. Dans leurs interventions finales, le directeur de la démocratie du Conseil de l’Europe et la Représentante permanente de Malte auprès du Conseil de l’Europe, qui s’exprime au nom de la présidence, déclarent que la conférence a non seulement été riche et productive, mais qu’elle représente aussi un moment politique important pour l’action de l’Organisation en faveur de la jeunesse. Le directeur remercie la présidence, les autorités maltaises, les structures du comité et les représentants des jeunes, en faisant remarquer que la conférence elle-même a déjà appliqué les principes qui ont ensuite été approuvés dans la résolution et la Déclaration finale. Il rappelle la longue période qui s’est écoulée depuis la dernière réunion ministérielle sur la jeunesse et les profonds changements qui se sont produits dans l’intervalle, notamment l’augmentation de la pression qui pèse sur la démocratie, qui affecte souvent davantage les jeunes. Dans ce contexte, il souligne que le Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse n’est pas une construction abstraite, mais la consolidation de pratiques qui ont déjà fait leurs preuves au sein du Conseil de l’Europe et dans les États membres, telles que la cogestion et l’action des jeunes contre le discours de haine, et qu’il offre donc des outils utilisables dès maintenant. Il fait un rapprochement entre les résultats de la journée et le Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe qui se profile, et déclare que la prise en compte de la perspective des jeunes peut apporter des avantages immédiats et à long terme, à condition que les États membres et l’Organisation lui accordent désormais l’attention et les ressources nécessaires et qu’ils honorent les promesses qui ont été faites.
37. La Représentante permanente de Malte auprès du Conseil de l’Europe estime que la conférence constitue un rassemblement historique et opportun, rappelant que les ministres responsables de la jeunesse ne s’étaient pas réunis sous les auspices du Conseil de l’Europe depuis treize ans, alors que les défis sociétaux se sont multipliés. Elle relève que le fait de se réunir à La Valette autour d’une vision commune pour les jeunes et pour la démocratie représente en soi un acte d’engagement. Elle se félicite de l’adoption, par acclamation, de la Déclaration finale et de la Résolution sur le Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse et les présente comme l’expression tangible de la volonté collective de faire de la participation des jeunes un impératif démocratique. Elle signale ainsi l’existence d’un mouvement plus large au sein des organes du Conseil de l’Europe visant à intégrer les perspectives des jeunes et à tirer des enseignements du modèle de cogestion appliqué dans le secteur de la jeunesse. Affirmant que « les gens se montrent à la hauteur de l’espace qui leur est accordé », elle appelle les personnes qui exercent déjà des fonctions à responsabilité à créer et à partager de tels espaces avec les jeunes générations, afin que la participation des jeunes prenne la forme d’une présence permanente et valorisée dans la prise de décision et ne se limite pas à une invitation ponctuelle.
Suites à donner
38. Le Comité des Ministres est invité à prendre note du rapport et des documents adoptés par les ministres responsables de la jeunesse lors de la conférence, à savoir la Déclaration finale et la Résolution sur le Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse et de les transmettre, comme il convient, aux organes statutaires conformément aux objectifs du Programme et budget 2026-2027, ainsi qu’aux termes de référence de ces organes.
39. En particulier, reconnaissant l’importance de l’intégration des perspectives, des opinions et des attentes des jeunes dans les processus d’élaboration des politiques, en tant qu’élément essentiel pour bâtir des démocraties plus fortes et plus résilientes, et sa valeur ajoutée dans le cadre du Nouveau Pacte Démocratique pour l’Europe, le Comité des Ministres est invité :
a) à charger le Conseil mixte sur la jeunesse (CMJ) de donner la priorité, dans le cadre de ses termes de référence et de l’enveloppe budgétaire allouée pour le biennium 2026-2027, à la mise en en œuvre des livrables définis dans la Déclaration finale, notamment :
i. une étude sur la nécessité et la faisabilité d’un nouvel instrument pour consolider et mettre à jour l’acquis du Conseil de l’Europe dans le domaine de la jeunesse ;
ii. une étude visant à examiner l'expérience des pays ayant abaissé l'âge du vote
b) à lancer le processus de préparation d'une étude de faisabilité, sur la base des principes fondamentaux de la politique du Conseil de l'Europe en faveur de la jeunesse, concernant la création d'un troisième site du Centre européen de la jeunesse dans la région de la mer Noire, dans la limite des ressources disponibles, afin d'offrir un espace dédié à la coopération entre les jeunes, au renforcement des capacités et à l'engagement démocratique et à charger le CDEJ de procéder à l’étude de faisabilité ;
c) à charger le CMJ d’identifier les étapes de suivi nécessaires pour continuer à soutenir le processus d’intégration de la perspective de la jeunesse dans les délibérations intergouvernementales et autres de l’Organisation ;
d) à charger le Comité directeur européen pour la jeunesse (CDEJ) d’identifier des mesures appropriées et flexibles permettant d’aider les États membres à intégrer la perspective de la jeunesse dans leurs politiques et processus nationaux, conformément au Programme et Budget 2026-2027 – en s’appuyant notamment sur son programme intergouvernemental d’assistance au développement des politiques de jeunesse dans les États membres – et aux exigences énoncées dans la Résolution sur le Cadre de référence du Conseil de l’Europe sur la perspective de la jeunesse.
40. Il est également invité à féliciter la présidence maltaise du Comité des Ministres pour avoir accueilli la 10e Conférence du Conseil de l’Europe des ministres responsables de la jeunesse et à prendre note de l’invitation des autorités luxembourgeoises à accueillir la prochaine conférence en 2028.
41. De la même manière, il est invité à saluer la participation significative des jeunes délégués à la conférence, rendue possible grâce à l’organisation d’un événement consacré à la jeunesse en amont de la conférence, la pleine inclusion des jeunes délégués dans toutes les discussions de fond et la participation de la présidente du Conseil consultatif sur la jeunesse en qualité de vice-présidente de la conférence ; il est en outre invité à confirmer que cette approche devrait servir de modèle pour les futurs événements du même type.
42. Le Comité des Ministres se félicite des progrès significatifs accomplis dans le suivi et la mise en œuvre de la Déclaration de Reykjavík concernant la participation des jeunes, sous l'égide du secteur jeunesse du Conseil de l'Europe. Il se félicite également des efforts déployés par le Secrétaire Général pour mettre en œuvre les recommandations issues de l'évaluation sur l'intégration d'une perspective jeunesse dans les travaux du Conseil de l'Europe, ses institutions et ses services, ainsi que dans les États membres, à travers toutes les fonctions de l'Organisation, et salue les mesures prises pour élaborer un plan d'action visant à intégrer une perspective jeunesse dans les travaux intergouvernementaux et autres délibérations du Conseil de l'Europe.
Annexe 1 – ORDRE DU JOUR
1. Ouverture de la Conférence
- Allocution de M. Clifton Grima, Ministre de l’Éducation, des Sports, de la Jeunesse, de la Recherche et de l'Innovation de Malte, président de la conférence
- Allocution d'Alain Berset, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe
Brèves allocutions
- Discours de Theodoros Rousopoulos, Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
- Discours de Marc Cools, Président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe
- Discours de Glenn Micallef, Commissaire européen chargé de l'équité intergénérationnelle, de la jeunesse, de la culture et du sport
- Discours de Nina Grmuša, Présidente du Conseil consultatif sur la jeunesse et du Conseil mixte sur la jeunesse du Conseil de l’Europe
- Discours de Rareș Voicu, Président du Forum européen de la jeunesse
2. Session thématique 1 – « Les jeunes et le Nouveau Pacte Démocratique pour l'Europe »
- Discours liminaire : Les jeunes et la démocratie dans l'Europe d'aujourd'hui, par Federica Mogherini
- Intervention de Yevheniia Fedotova, membre du Conseil consultatif sur la jeunesse du Conseil de l'Europe
- Échange de vues entre les ministres et les délégués de la jeunesse
3. Présentation des principaux résultats de la 4e Convention européenne sur le travail de jeunesse
- Discours de Miriam Teuma, Présidente du Comité directeur européen pour la jeunesse du Conseil de l’Europe
4. Session thématique 2 – « Intégrer la perspective de la jeunesse : une opportunité d’élaborer des politiques ensemble »
- Présentation du Cadre de Référence du Conseil de l'Europe sur la perspective de la jeunesse par Séverine Origny-Fleishman, membre du Comité directeur européen pour la jeunesse, et Jessý Rún Jónsdóttir, membre du Conseil consultatif sur la jeunesse du Conseil de l’Europe
- Échange de vues entre les ministres et les délégués de la jeunesse sur la mise en œuvre au niveau national
5. Présentation des principales conclusions de la révision de la Charte européenne de la participation des jeunes à la vie locale et régionale
- Interventions d'Aida Karimli, membre du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, rapporteure pour la révision de la Charte européenne sur la participation des jeunes à la vie locale et régionale, et de Matías María Rubio Morillo – Velarde, membre du Conseil consultatif sur la jeunesse du Conseil de l'Europe
6. Séance de clôture
- Adoption de la Résolution sur le Cadre de référence du Conseil de l'Europe sur la perspective de la jeunesse
- Adoption de la Déclaration finale de la 10e Conférence du Conseil de l’Europe des ministres responsables de la jeunesse
- Présentation des conclusions du président de la Conférence, le Ministre Clifton Grima
- Remarques finales de Matjaž Gruden, Directeur pour la Démocratie du Conseil de l’Europe, et de Francesca Camilleri Vettiger, Présidente des Délégués des Ministres et Représentante Permanente de Malte auprès du Conseil de l'Europe
Annexe 2 – Délégations nationales
Les participants dont les noms apparaissent en gras ont pris la parole au cours de la réunion.
ALBANIE excusée
ANDORRE Mònica BONELL TUSET, Ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports
Lisa CRUZ LACKNER, Présidente du Conseil national de la jeunesse (FNJA)
S.E. Alain CABANES GALIAN, Secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports
Joaquim PUJOL SÁNCHEZ, Responsable de la promotion de la jeunesse et du volontariat, ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports / membre du CDEJ
Andreu JORDI, Ambassadeur, Représentant Permanent de la Principauté d'Andorre auprès du Conseil de l'Europe
ARMÉNIE Artur MARTIROSYAN, Vice-ministre de l'Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports
Shushanik BOYAKHCHYAN, Coordinatrice, Pando Community Development NGO
Artur NAJARYAN, Expert dans le domaine de la jeunesse et président de l'ONG Gyumri youth initiative center
Zara ASLANYAN, Chef du département des politiques de la jeunesse / membre du CDEJ
S.E. Armen PAPIKYAN, Représentant permanent de la République d'Arménie auprès du Conseil de l'Europe
AUTRICHE Bernadett HUMER, Directrice générale de la famille et de la jeunesse
Michael STADLMANN, Représentant de la jeunesse, Conseil national de la jeunesse (ÖJV)
Andreas SCHNEIDER, Chef du département des politiques européennes et internationales de la jeunesse et de la famille
Markus WOLF, Chargé de mission, Politique européenne et internationale de la jeunesse et de la famille / Membre du CDEJ et du GSO
Markus GRAF, Assistant personnel de Markus Wolf
AZERBAÏDJAN Indira HAJIYEVA, Vice-ministre de la Jeunesse et des Sports
Rafael HAJIBAYLI, Chef du Conseil national de la jeunesse (NAYORA)
Zarifa ZULFUGAROVA, Responsable du département des relations internationales / membre du CDEJ
Ulviyya AKHUNDOVA, Directrice adjointe du département des affaires de la jeunesse
BELGIQUE Communauté germanophone
Gregor FRECHES, Ministre de la Culture, des Sports, du Tourisme et des Médias
Lara BONGARTZ, Coordinatrice du Conseil de la jeunesse (RdJ)
Lena PANKERT, Responsable de l'unité Jeunesse
Jennifer NYSSEN, Conseillère jeunesse
Communauté francophone
Valérie LESCRENIER, Vice-présidente et Ministre en charge de l'Enfance, de la Jeunesse, de l'Aide à la jeunesse et des Maisons de Justice de la Fédération Wallonie-Bruxelles ; Ministre en charge du Tourisme, du Patrimoine et de la Petite enfance de la Wallonie
Mathilde GRAAS, Déléguée européenne de la jeunesse, Conseil national de la jeunesse (FJ)
Laurence HERMAND, Directrice, Bureau International Jeunesse / Membre du CDEJ
Séverine WOLFS, Conseillère de cabinet
Communauté néerlandophone
Melissa DEPRAETERE, Ministre de la Jeunesse, Communauté flamande
Lore SLEECKX, Représentante de la jeunesse, Conseil de la jeunesse (VJR)
Bart DE BOISERIE, Directeur de la Jeunesse au département Culture, Jeunesse et Médias du gouvernement flamand / membre du CDEJ
Jan RAYMAEKERS, Conseiller jeunesse, Cabinet de la ministre DEPRAETERE
BOSNIE-HERZÉGOVINE excusée
BULGARIE Petar MLADENOV, Vice-ministre de la Jeunesse et des Sports
Atanas RADEV, Président du Conseil national de la jeunesse (NYF)
Liliya ELENKOVA, Conseillère auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports / membre du CDEJ
Teodorina TODOROVA, Directrice de la coopération internationale
CROATIE Radovan FUCHS, Ministre des Sciences, de l'Éducation et de la Jeunesse
Vlasta MIJIĆ, Chef de cabinet
Vanja PAVLOVIĆ, Conseillère du ministre
Ivana BARAC LEKO, Ministère des Sciences, de l'Éducation et de la Jeunesse / membre du CDEJ
CHYPRE Constantina ACHILLEOS, Présidente, Conseil de la jeunesse de Chypre
Antonis TAMPOURAS, Premier Vice-président, Conseil de la jeunesse de Chypre (CYC)
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE Jiří NANTL, Vice-ministre de l'Éducation, de la Jeunesse et des Sports
Lukáš LANGER, Conseil national de la jeunesse (CRDM)
Jana TICHÁČKOVÁ, Chef de l'unité Politique de la jeunesse, département Jeunesse / membre du CDEJ
Matěj PROKOP, Membre du cabinet
DANEMARK Magnus Kulmsee HAGMANN, Ministère de l'Enfance et de l'Éducation
Emma KLINT HANSEN, Déléguée à la jeunesse, Conseil national de la jeunesse (DUF)
ESTONIE Kairi KALDOJA, Secrétaire général adjoint
Kaarel TAIMLA, Président du Conseil national de la jeunesse (ENL)
Heili GRIFFITH, Chef du département de la politique de la jeunesse et des talents / membre du CDEJ
Anna Linda VARIK, Conseillère, UE et coopération internationale
Aino LEPPIK VON WIRÉN, Ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire, représentante permanente
FINLANDE Mika POUTALA, Ministre de la Jeunesse, des Sports et de l'Activité physique
Maria MARKKULA, Représentante de la jeunesse, Conseil national de la jeunesse (FYCS)
Sanna PUURA, Conseillère ministérielle principale / membre du CDEJ
Annika LYYTIKÄINEN, Conseillère spéciale auprès du ministre
Sini PAUKKUNEN-MYKKÄNEN, Représentante permanente de la Finlande auprès du Conseil de l'Europe
FRANCE Sandrine LELONG-MOTTA, Ambassadrice de France à Malte
Célia DÉDÉYAN, Conseil national de la jeunesse (CNAJEP)
Noémie CLARET, Directrice adjointe du cabinet de la ministre, en charge des sports et des affaires économiques et diplomatiques
Séverine ORIGNY FLEISHMAN, Cheffe du Bureau des relations internationales de la Direction de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative (DJEPVA)
Marie GOISET, Adjointe au bureau des relations internationales (DJEPVA) du Ministère, membre du CDEJ
GÉORGIE Givi MIKANADZE, Ministre de l'Éducation, des Sciences et de la Jeunesse
Vakhtang BAAKASHVILI, Directeur par intérim, Agence pour la jeunesse LEPL/membre du CDEJ
Nikoloz BESELIA, Responsable de la coopération internationale
Khatia TSILOSANI, Représentante permanente de la Géorgie auprès du Conseil de l'Europe
ALLEMAGNE Petra BAHR, Secrétaire d'État
Özge ERDOĞAN, Représentante de la jeunesse, Conseil national de la jeunesse (DBJR)
Uwe FINKE-TIMPE, Chef d'unité, Politique européenne et internationale de la jeunesse
Jochen SCHLENK, Ministère fédéral de l'Éducation, de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse
Heike THIELE, Représentante permanente de l'Allemagne auprès du Conseil de l'Europe
GRÈCE Konstantinos GLOUMIS-ATSALAKIS, Secrétaire général au ministère de la Cohésion sociale et des Affaires familiales
Elvira MENTZELIOTI, Conseil national de la jeunesse (ESYN)
Fani LAMPROU, Direction de la jeunesse, membre du GSO
Konstantina PISLI, Collaboratrice du bureau du secrétaire général pour la démographie et la politique du logement, ministère de la Cohésion sociale et des Affaires familiales de la République hellénique, membre du CDEJ
SAINT-SIÈGE Dario GERVASI, Secrétaire adjoint du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie
Benjamin FLORES MARTIN, Représentant de la jeunesse
Renato CURSI, Expert en politiques de la jeunesse, membre du CDEJ
Révérend Franco Michel SILVA GALDINO, Coordinateur, Bureau de la jeunesse
HONGRIE Zsófia NAGY-VARGHA, Vice-ministre d'État
Réka GAJÁN, Conseil national de la jeunesse (NIT)
Gergely MOHAY, Responsable des affaires de la jeunesse
ISLANDE excusé
IRLANDE Caitríona DOYLE, Représentante permanente de l'Irlande auprès du Conseil de l'Europe
Adam LAMBE, Conseil national de la jeunesse (NYCI)
Karl DUFF, Responsable des affaires de la jeunesse, membre du CDEJ
Lisa KAVANAGH, Spécialiste du secteur jeunesse
ITALIE Valentina SETTA, Ambassadrice d'Italie à Malte
Federica VALERI, Chargée des politiques de jeunesse
KAZAKHSTAN Anel BAKYTBEKKYZY, Consul général à Strasbourg
Valikhan BAKHRETDINOV, Responsable de l'ONG « Le pays de la grande steppe », Membre du CDEJ
LETTONIE Dace MELBĀRDE, Ministre de l'Éducation et des Sciences
Inga BIRZGALE, Présidente du Conseil national de la jeunesse (LJP)
Renāte MENCENDORFA, Experte principale, membre du CDEJ
Agnese VILDE, Représentante permanente de la Lettonie auprès du Conseil de l'Europe
LIECHTENSTEIN Sarah Ladina FRICK, Experte en droits de l'enfant, ministère des Affaires sociales et de la Justice
Michael SCHÄDLER, Délégué à la jeunesse
Sasha BILLARD, Conseillère auprès du représentant permanent
LITUANIE Aušra PUTK, Vice-ministre de la Sécurité sociale et du Travail
Augustė DUDUTYTĖ, Conseillère
Juozas MELDŽIUKAS, Conseiller principal / membre du CDEJ
LUXEMBOURG Georges METZ, Directeur général de la Jeunesse
Liam BREMER, Président du Conseil national de la jeunesse (CGJL)
Alix RAMOS, Chargée des relations internationales, membre du CDEJ
MALTE Hon. Clifton GRIMA, Ministre de l'Éducation, des Sports, de la Jeunesse, de la Recherche et de l'Innovation, président de la conférence
Cherise SULTANA, Présidente du Conseil national de la jeunesse (KNZ)
Keith AZZOPARDI TANTI, Secrétaire parlementaire
RÉPUBLIQUE DE MOLDOVA Mihai SOLTANI, Conseiller pour la jeunesse auprès du ministre de l'Éducation
MONACO Jean Philippe VINCI, Directeur de l'éducation, de la jeunesse et des sports
Julien BELTRANDI, Représentant de la jeunesse
Michael LANDAU, Bibliothécaire au ministère de l'Éducation nationale, membre du CDEJ
Gabriel CHABERT, Adjoint au représentant permanent
MONTÉNÉGRO Dragoslav ŠĆEKIĆ, Ministre des Sports et de la Jeunesse
Vladimir PERAZIĆ, Secrétaire général, Réseau jeunesse
Sanja JOKIĆ, Chef de cabinet du ministre
Darko STOJANOVIĆ, Directeur général / membre du CDEJ
Ana MILAČIĆ, Chef de la division de la coopération internationale
PAYS-BAS Tanja GONGGRIJP, Représentante Permanente du Royaume des Pays-Bas auprès du Conseil de l'Europe
Niels ZAGEMA, Conseil national de la jeunesse (DNYC)
Wendela KUPER, Responsable Jeunesse, ministère de la Santé, du Bien-être et des Sports
MACÉDOINE DU NORD Fatmir SABRIU, Secrétaire d'État au ministère de la Politique sociale, de la Démographie et de la Jeunesse
Veljan PARIZOV, Membre du conseil d'administration de la Coalition des organisations de jeunesse SEGA
Stefan STEPANOVSKI, Associé pour la politique de la jeunesse au ministère de la Politique sociale, de la Démographie et de la Jeunesse
Naim ILJAZI, Associé pour la politique de la jeunesse au ministère de la Politique sociale, de la Démographie et de la Jeunesse
NORVÈGE Lene VÅGSLID, Ministre de l'enfance et de la famille
Jakob ØVENSEN AANDERAA, Président du Conseil national de la jeunesse (LNU)
Maria BRIT ESPINOZA, Conseillère spéciale
Trine Lise HOFFMANN, Conseillère principale / membre du CDEJ
Trine BILET, Conseillère politique
Kari WESTERSUND, Chargée de communication
POLOGNE Barbara NOWACKA, Ministre de l'Éducation
Alicja WIŚNIEWSKA, Vice-présidente du Conseil de la jeunesse (PROM)
Agnieszka ŚWIETLICKA, Assistante politique
Ewa RAIŃSKA-NOWAK, Spécialiste principale / Membre du CDEJ
Anita ŁUCZYŃSKA, Représentante permanente adjointe de la Pologne auprès du Conseil de l'Europe
PORTUGAL Carla RODRIGUES, Secrétaire d'État adjointe
André MARAFONA CARDOSO, Président du Conseil national de la jeunesse (CNJ)
Jorge ORLANDO QUEIRÓS, Directeur du département de l'information, de la communication et des relations internationales (IPDJ) / membre du CDEJ
Paulo Jorge TOMÁS DOS SANTOS, Vice-président de l'IPDJ
Ana Rita LARANJEIRA, Chef de cabinet
João EIXA, Chargé de mission
S.E. António ALEVES MACHADO, Représentant permanent
Carlos Miguel LOPES DE OLIVEIRA, Représentant permanent adjoint
ROUMANIE Daniela DAVID, Secrétaire d'État
Rafael BARAC BOLOGA, Président du Conseil national de la jeunesse (CTR)
Radu-Tudor DRAGOMIR, Conseiller auprès du Service des relations internationales
SAINT-MARIN Riccardo VENTURINI, Secrétariat d'État à l'éducation et à la culture, à l'université et à la recherche scientifique, aux politiques de la jeunesse / membre du CDEJ
Maya TENTONI, Représentante de la jeunesse
SERBIE Ivana ANTONIJEVIĆ, Ministre adjointe, ministère du Tourisme et de la Jeunesse
Velimir MILOŠEV, Président du Conseil national de la jeunesse (KOMS)
Enes BUHIĆ, Secrétaire d'État
Vesna ANTIĆ, Chef de cabinet
RÉPUBLIQUE SLOVAQUE Peter PAPŠO, Directeur du département de la jeunesse, de la santé et des activités physiques
Lukáš ŠVAŇA, Délégué à la jeunesse, Conseil national de la jeunesse (RMS)
SLOVÉNIE Tina KOSI, Directrice du Bureau de la jeunesse
Tanita ČAMDŽIČ, Déléguée à la jeunesse, Conseil national de la jeunesse (MSS)
Igor JESIH, sous-Secrétaire, ministère de l'Éducation, des Sciences et des Sports
ESPAGNE Rubén PÉREZ CORREA, Secrétaire d'État à la Jeunesse et à l'Enfance
Ángel PÉREZ CONTRERAS, Conseil de la jeunesse (CJE)
Pablo GONZÁLEZ MARTÍNEZ, Directeur adjoint
Antonio SERÓN DIEGUEZ, Chargé de mission, INJUVE - Institut espagnol pour la jeunesse / Membre du CDEJ
Sandra BERNAD MARTINEZ, Conseillère
SUÈDE Magnus JÄGERSKOG, Directeur général, Agence suédoise pour la jeunesse et la société civile
Sigge ERIKSSON, Président par intérim, Conseil de la jeunesse (LSU)
Karin PERSDOTTER, Cheffe d'unité
SUISSE Ambassadeur Stephan CUENI, Directeur adjoint, Office fédéral des assurances sociales
Lia BACHMANN, Représentante de la jeunesse, Conseil de la jeunesse (CSAJ)
Jean-Marie BOUVERAT, Affaires internationales, Secteur Organisations internationales, Office fédéral des assurances sociales
Martina BEELER, Cheffe du secteur Enfants et jeunesse
Amb. Muriel BERSET KOHEN, Chargée d'affaires
TÜRKIYE Osman Aşkın BAK, Ministre de la Jeunesse et des Sports
Beyzanur KOYUNCU, Représentante de la jeunesse
Dr Enes EFENDİOĞLU, Directeur général des services à la jeunesse / membre du bureau du CDEJ
Ahmet TEMURCİ, Directeur général des organisations internationales et des relations étrangères
Nurdan BAYRAKTAR GOLDER, Représentante permanente de la Turquie auprès du Conseil de l'Europe
Kerim ÇOMOĞLU, Chef du département des relations sociales et de la communication
Ömer ÖZEL, Chef de la sécurité
UKRAINE Matvii BIDNYI, Ministre de la Jeunesse et des Sports
Olena BILANINA, Présidente du Conseil national de la jeunesse (NYCU)
Nataliia RADCHUK, Cheffe du département de la coopération internationale et de l'intégration européenne du ministère de la Jeunesse et des Sports, membre du CDEJ
ROYAUME-UNI Kirby SWALES, Directeur adjoint des services à la jeunesse
Zara OKUSI, Jeune Ambassadrice du Royaume-Uni auprès du Forum européen de la jeunesse, Conseil national de la jeunesse (BYC)
Sara MILLS, Conseillère politique – Département international de la jeunesse pour la culture, les médias et les sports, membre du CDEJ
Observateurs
COMMISSION EUROPÉENNE Glenn MICALLEF, Commissaire européen chargé de l'équité intergénérationnelle, de la jeunesse, de la culture et des sports
Maria Elena DESPOTT, Cheffe de la représentation de la Commission européenne à La Valette, Malte
CESE Nicoletta MERLO, Membre du Comité économique et social européen
Susannah HALLGREN, Administratrice, Comité économique et social européen
FRA Sandra AIGNER-ACCARDO, Cheffe d'unité
Rayaa ONOG, Membre du panel consultatif des jeunes de la FRA
UNICEF Regina DE DOMINICIS, Directrice régionale de l'UNICEF pour l'Europe et l'Asie centrale
Cristina BACALSO, Chercheuse spécialisée dans les questions relatives à la jeunesse
Blendi HODAI, Délégué jeunesse de l'UNICEF
CEI Slavena RADOVANOVIC LOLIC, Cadre supérieur
RCC Ognjen MARKOVIC, Chef d'équipe, projet WBYL
RYCO Kreshnik LOKA, Secrétaire général adjoint
Donika ZOGU, Représentante de la jeunesse
COMMONWEALTH Layne ROBINSON, Chef de la section Développement des politiques sociales, Secrétariat du Commonwealth, Londres
EYRICA Anja FROHNER, Directrice
Maria Anne FSADNI, Représentante de la jeunesse
EYCA Miguel PERESTRELLO, Président
Hailey CIANTAR, Représentante des jeunes
FORUM EUROPEEN DE LA JEUNESSE
Rareș VOICU, Président
Andreea-Alexandra SCRIOȘTEANU, Vice-présidente
Milosh RISTOVSKI, Secrétaire général
Lauren MASON, Chargée des politiques
Maria Dezdemona KOVACS, Phiren Amenca
Amélie WATERS, Organisation internationale des jeunes et étudiants lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et queer (IGLYO)
Jan FIALA, Organisation non gouvernementale européenne pour la jeunesse dans le domaine du sport (ENGSO)
Harry TSATRYAN, Presse européenne des jeunes
Maëlle CHAPUIS-MIROL, Association mondiale des guides et des éclaireuses (WAGGS)
OFAJ Tobias BÜTOW, Secrétaire général
Alina-Victoria DEUTSCH, Coordinatrice du bureau parisien du Secrétariat général de l’OFAJ, au titre de représentante de la jeunesse
AYWA Dragan ATANASOV, Président
OIF Fatima AOUIDAT, Cheffe a.i. de l’Unité Jeunesse et société civile
Omar DIDI, Président et co-créateur du Réseau international de la jeunesse de la Francophonie (RIJF)
Intervenants Federica MOGHERINI, Rectrice du Collège d'Europe et directeur de l'Académie diplomatique de l'Union européenne
Institutions du Conseil de l'Europe
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL Alain BERSET, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe
Stefano PIEDIMONTE BODINI, Chef du cabinet du Secrétaire Général
Julie MEYLAN, Conseillère du Secrétaire Général
COMITÉ DES MINISTRES Francesca CAMILLERI VETTIGER, Adjointe au ministre, Représentante Permanente Représentante de Malte auprès du Conseil de l'Europe
Gisella GORI, Conseillère auprès du Secrétaire du Comité des Ministres
APCE Theodoros ROUSOPOULOS, Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
Naomi CACHIA, Rapporteuse pour la jeunesse, Commission pour le respect des obligations et engagements des États membres du Conseil de l'Europe (Commission de suivi)
Stefania KRUGER, Chef adjoint du cabinet
Eleanor HOURIGAN, Conseillère juridique auprès du Secrétaire général de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
Eleni AGRAFA, Conseillère spéciale, Parlement grec
Angeliki MANTZOU, Conseillère spéciale, Parlement grec
Dimitris PSOMIADIS, Conseiller spécial, Parlement grec
CONGRÈS DES POUVOIRS LOCAUX ET RÉGIONAUX
Marc COOLS, Président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux
Aida KARIMLI, Membre du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, rapporteuse pour la révision de la Charte européenne sur la participation des jeunes à la vie locale et régionale
Véronique BERTHOLLE, Porte-parole thématique pour la jeunesse du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux
Andrea BORRACCETTI, Délégué jeunesse du Congrès
Victoria ARAKELYAN, Déléguée jeunesse du Congrès
Maren LAMBRECHT-FEIGL, Secrétaire de la Commission du Congrès sur l'inclusion sociale et la dignité humaine
CDEJ Miriam TEUMA, Présidente
CCJ Nina GRMUŠA, Présidente, Vice-présidente de la Conférence, EFIL – Fédération européenne pour l'apprentissage interculturel
Petr Pavel BANDA, IQ Roma servis
Maurizio CUTTIN, BYC – Conseil britannique de la jeunesse
Sean CURRIE, FYEG – Fédération des Jeunes Verts européens
Gavriel EFSTRATIOU, CYC – Conseil de la jeunesse de Chypre
Yevheniia FEDOTOVA, IFLRY – Fédération internationale de la jeunesse libérale
Agni GKOUTZIAMANI, YEE – Jeunesse et environnement Europe
Jannis GUSTKE, IYNF – Jeunes Amis de la Nature International
Emili KHACHATRYAN, Centre de développement de la jeunesse d'Arménie
Anna-Sophie KNOBBOUT, EYMH – Euro Youth Mental Health
Eva KOTNIK, RYE – Jeunesse rurale Europe
Noah Jan KRAMER, WOSM – Organisation mondiale du mouvement scout
Jessý Rún JÓNSDÓTTIR, LUF – Conseil national de la jeunesse d'Islande
Anja JOKIĆ, KOMS – Conseil national de la jeunesse de Serbie
Albert Francesc MAINZER CARDELL, JEF – Jeunes fédéralistes européens
Léonard LY TRI, CNAJEP - Comité national d'action pour la jeunesse et l'éducation populaire
Riikka Elina PASANEN, EEE-YFU – Échanges éducatifs européens – Jeunesse pour la compréhension
Matías María RUBIO MORILLO – VELARDE, ONG LaBardal
Arno SCHROOYEN, ESU – Union des étudiants européens
Stanislava STEFANOVA, AEGEE – Forum européen des étudiants
Maria-Nadia TISMĂNARU, Fondation pour la jeunesse du comté de Timiș
Péter TÖRÖK, Fédération des conseils municipaux d'enfants et de jeunes
Emma Britt WEDNER, LSU – Conseil national des organisations de jeunesse suédoises
CENTRE NORD-SUD Pilar MORALES, Directrice exécutive / Coordinatrice de la politique de voisinage du Conseil de l'Europe avec la Méditerranée du Sud
DIRECTION GÉNÉRALE DE LA DÉMOCRATIE ET DE LA DIGNITÉ HUMAINE
Matjaž GRUDEN, Directeur pour la démocratie
Elda MORENO, Conseillère principale pour l'intégration de la perspective des jeunes
DÉPARTEMENT DE LA JEUNESSE
Tobias FLESSENKEMPER, Chef du département Jeunesse
Clementina BARBARO, Cheffe de la division Politique de la jeunesse
Gordana BERJAN, Responsable de la Fondation européenne pour la jeunesse
Stefano DOMINIONI, Directeur exécutif du Centre européen de la jeunesse de Strasbourg
Sophie KWASNY, Responsable de la division Éducation, formation et coopération
Balint MOLNAR, Directeur exécutif du Centre européen de la jeunesse de Budapest
Marius SCHLAGETER, Conseiller politique
Sylvia IVANOVA, Co-secrétaire du Conseil mixte de la jeunesse
Natalja TURENNE, Secrétaire du CPJ, Co-secrétaire du CDEJ, Secrétaire de
l'accord partiel sur la mobilité des jeunes par la carte jeunes
Anca-Ruxandra PANDEA, Chef de projet
Kristýna JELÍNKOVÁ, Chargée de projet
Anna-Sophie DIEDRICH, Assistante de projet
Eugenia BONFIGLIOLI, Assistante de projet
Veronika Viola TOTH, Assistante de programme
PROTOCOLE Dorian COHEN, Chef adjoint du protocole
Odile GRUNERT, Chargée du protocole
Léa PALAU, Chargée du protocole
INTERPRÈTES Thomas AFTON
Annette SCERRI
Ingrid VERIEPE
Françoise COMTE
Raphaela DUBA
Bettina EXNER
Rosella DI NIOLA
Helena VLAHOS
Annexe 3 – Documents finaux adoptés à la conférence
Déclaration finale de la 10e Conférence du Conseil de l’Europe des Ministres responsables de la Jeunesse
1. Nous, les ministres responsables de la jeunesse, réunis à La Valette le 9 octobre 2025 avec l'objectif d'accroître la confiance, d'améliorer la qualité et de renforcer la résilience de nos démocraties par une plus grande participation des jeunes, en nous inspirant du nouveau Pacte démocratique pour l'Europe, affirmons notre volonté de renforcer la démocratie, les droits de l'homme et l'État de droit en consolidant le rôle des jeunes dans la vie démocratique et leurs perspectives dans les processus décisionnels. Nous décidons donc de renforcer la politique européenne de la jeunesse et les travaux du Conseil de l'Europe dans le domaine de la jeunesse.
2. Dans l'Europe d'aujourd'hui, la recherche de la paix, fondée sur la justice et la coopération internationale, est essentielle pour préserver l'accès des jeunes aux droits. Nos efforts doivent se concentrer sur la capacité à vivre dans des sociétés pacifiques et inclusives. Reconnaissant le rôle vital des jeunes dans la construction de la paix, nous soulignons l'importance de renforcer l'éducation à la citoyenneté dans la construction de la paix et du dialogue interculturel en tant que moyen précieux pour renforcer le respect des droits de l'homme et des valeurs démocratiques, ainsi que la résilience et la cohésion sociale des sociétés européennes.
3. Les jeunes sont des acteurs dynamiques, diversifiés et dévoués du changement positif. Ils façonnent les sociétés européennes du XXIe siècle dans un nouveau contexte numérique, démographique et environnemental, en s'appuyant sur leur soutien aux droits de l'homme, à la démocratie et à l'État de droit.
4. Les jeunes générations ont les connaissances, les compétences et les perspectives nécessaires pour être des porteurs du changement et pour construire un présent et un avenir ancrés dans les normes de la politique de jeunesse du Conseil de l'Europe. Grâce à la confiance mutuelle, au dialogue ouvert, à la participation significative et à la cogestion avec les institutions publiques, elles contribuent à construire des sociétés dans lesquelles elles ont confiance.
5. Les jeunes ne constituent pas un groupe homogène, mais nombre d'entre eux sont confrontés à des défis communs. Il peut s'agir de taux de chômage élevés, de conditions de travail défavorables, dangereuses ou précaires, de discrimination salariale, et d'un accès limité et inégal à des soins de santé, à une éducation de qualité, et à un logement abordable, qui sont des obstacles à leur autonomie. Les jeunes sont également sous-représentés dans la prise de décision politique et doivent être soutenus dans leur participation électorale et leur implication dans les processus démocratiques, à la fois en tant qu'électeurs et en tant que candidats. L'accès aux droits et à une information de qualité sur la jeunesse reste un problème, en particulier pour les jeunes les moins favorisés. La participation démocratique des jeunes est encore entravée par l'impact des conflits et des guerres, qui menacent leur sécurité. Une santé mentale précaire empêche de nombreux jeunes de participer pleinement.
6. Les jeunes jouent un rôle crucial dans l'élaboration de notre avenir commun et démocratique. Leurs points de vue sont essentiels au renforcement des institutions démocratiques et à l'amélioration de la qualité des processus décisionnels. En conséquence, nous adoptons une résolution sur le Cadre de référence du Conseil de l'Europe sur la perspective de la jeunesse, qui fournit un modèle pour guider le Conseil de l'Europe et ses États membres dans l'intégration d'une perspective de la jeunesse dans les domaines de l'élaboration des politiques qui concernent les jeunes. L'objectif est d'élaborer des politiques davantage tournées vers l'avenir et à l'épreuve du temps, qui reflètent les besoins et l'énergie des jeunes et répondent aux défis actuels et futurs. Cette approche s'appuie sur la déclaration de Reykjavík ; elle adopte une nouvelle façon de penser et trace une voie progressive vers l'avenir. Nous nous engageons à assurer sa mise en œuvre.
7. Le Conseil de l'Europe est un partenaire essentiel pour donner aux jeunes les moyens d'agir et de répondre à ces défis, de faire respecter et de défendre les droits de l'homme et de participer pleinement à la vie démocratique. Treize années après la dernière conférence des ministres responsables de la jeunesse, le Conseil de l'Europe reste un acteur clé de la politique de la jeunesse dans l'architecture des organisations internationales et des institutions européennes.
8. Depuis des décennies, le Conseil de l'Europe est un moteur essentiel du développement de la politique de jeunesse en Europe. Grâce à son système pionnier de cogestion dans le domaine de la jeunesse, les États membres de l'Organisation et les jeunes ont travaillé ensemble pour construire des sociétés plus démocratiques et inclusives à travers l'Europe, soutenus par des instruments clés, à savoir les Centres européens de la jeunesse, le Fonds européen pour la jeunesse ; l’Accord Partiel sur la mobilité des jeunes par la carte jeunes et le partenariat avec la Commission européenne dans le domaine de la jeunesse. Le travail de l'Organisation dans ce domaine a consisté à établir des normes pour des politiques de jeunesse fondées sur la connaissance et les faits, la coopération dans le domaine des politiques de jeunesse, les programmes d’éducation aux droits de l'homme et à la citoyenneté démocratique, les campagnes, le renforcement des capacités et les activités de travail de jeunesse.
9. Nous réaffirmons la nécessité de soutenir et reconnaître le rôle des structures de jeunesse et des conseils de jeunesse nationaux, régionaux et locaux pour accroître la participation des jeunes à la vie démocratique, en particulier à une époque où l'espace civique se rétrécit. Nous nous engageons à garantir que les droits démocratiques des jeunes dans les processus électoraux, qui constituent la base de la démocratie, soient respectés. À cette fin, nous invitons le Comité des Ministres à confier aux organes statutaires de la jeunesse la réalisation d'une étude visant à examiner l'expérience des pays ayant abaissé l'âge du vote.
10. Nous nous félicitons des progrès réalisés en vue de l'adoption de la Charte européenne sur la participation des jeunes à la vie locale et régionale, élaborée conjointement avec le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe. Cette charte donnera un nouvel élan à la participation des jeunes et au soutien des organisations de jeunesse aux niveaux local et régional. Nous nous engageons à les promouvoir par le biais d'initiatives nationales et du Conseil de l'Europe.
11. Nous soutenons la Stratégie 2030 du secteur de la jeunesse du Conseil de l'Europe qui a identifié comme principes directeurs du travail du Conseil de l'Europe jusqu'à la fin de la décennie : le renforcement de la participation démocratique et l'élargissement de l'espace civique pour les jeunes, l'élargissement de l'accès des jeunes aux droits, le soutien aux jeunes pour qu'ils vivent dans des sociétés pacifiques et inclusives, et l'amélioration de la reconnaissance et de la qualité du travail de jeunesse à travers l'Europe. Nous invitons le Comité des Ministres à confier aux organes statutaires de la jeunesse le soin d'évaluer la nécessité et la faisabilité d'un nouvel instrument pour consolider et mettre à jour l'acquis du Conseil de l'Europe dans le domaine de la jeunesse. Cet instrument pourrait également servir à reconnaître une approche basée sur les droits.
12. Nous réaffirmons que l'accès des jeunes aux droits, notamment aux droits sociaux, est une condition préalable indispensable à la participation démocratique des jeunes, en particulier dans une nouvelle ère numérique marquée par des technologies puissantes et transformatrices telles que l'intelligence artificielle. Il est essentiel d'atténuer les risques liés à ces technologies et de mettre en place des garanties appropriées pour que les jeunes puissent jouir de leurs droits - y compris la culture numérique pour un espace démocratique. Il convient d'accorder une attention particulière aux politiques de la jeunesse destinées aux jeunes ayant moins d'opportunités et se trouvant dans des situations de vulnérabilité ; leurs points de vue devraient être pris en compte dans l'élaboration des politiques.
13. Nous reconnaissons l'urgence de la crise climatique et le rôle vital que jouent les jeunes pour y faire face. Nous saluons leurs contributions pour relever les défis actuels et futurs, notamment la lutte contre la triple crise planétaire (pollution, changement climatique et perte de biodiversité) et ses conséquences économiques et sociales, et pour faire en sorte que la réflexion sur la nature et les implications du droit à un environnement propre, sain et durable aille de l'avant. Dans l'esprit du nouveau Pacte démocratique pour l'Europe et sur la base des normes européennes en matière de droits de l'homme, nous nous engageons à protéger leur droit à la liberté d'expression, leur droit de manifester et leur droit à l'action collective, dans la défense des objectifs susmentionnés. Nous encourageons les États membres à explorer les possibilités d'investissement dans des programmes qui donnent aux jeunes les moyens de mener des actions en faveur du climat et des initiatives pro-environnementales, en promouvant la durabilité et la résilience aux niveaux local et régional.
14. Nous réaffirmons que le soutien du Conseil de l'Europe à l'Ukraine dans le domaine de la jeunesse reste une priorité. Cela comprend la solidarité, des activités intergouvernementales ciblées et la coopération avec des organisations et des réseaux de jeunesse non gouvernementaux qui favorisent la participation des jeunes à la vie démocratique et contribuent au redressement de l'Ukraine, y compris ses infrastructures de jeunesse et la réintégration des jeunes vétérans. Nous estimons que les services volontaires transnationaux pour les jeunes constituent un instrument important pour soutenir l'engagement des jeunes dans les efforts de solidarité et de reconstruction, en vue de bâtir un avenir pacifique et démocratique.
15. En signe de notre engagement à veiller à ce que les jeunes d'Ukraine, et de la région au sens large, puissent soutenir, défendre et bénéficier des valeurs fondamentales du Conseil de l'Europe, nous invitons le Comité des Ministres à réaliser une étude de faisabilité, sur la base des principes fondamentaux de la politique du Conseil de l'Europe en faveur de la jeunesse, concernant la création d'un troisième site du Centre européen de la jeunesse dans la région de la mer Noire, dans la limite des ressources disponibles, afin d'offrir un espace dédié à la coopération entre les jeunes, au renforcement des capacités et à l'engagement démocratique. En même temps, nous soulignons la nécessité d'investir dans les Centres européens de la jeunesse existants à Strasbourg et à Budapest afin de garantir leur rôle continu et leur bon fonctionnement en tant que centres de participation des jeunes et de développement politique. Nous soulignons qu'il est essentiel d'obtenir des contributions financières durables de la part des États membres pour maintenir ces structures et garantir qu'elles soutiennent efficacement l'engagement des jeunes et la résilience démocratique à travers le continent.
16. Nous nous félicitons de la coopération entre le Conseil de l'Europe et la Commission européenne dans les domaines de la recherche et du travail de jeunesse, et appelons les deux institutions à renforcer leur collaboration au-delà des programmes existants.
17. Nous soulignons l'importance de la recherche sur la jeunesse en tant que fondement d'une politique de la jeunesse fondée sur des données probantes, en veillant à ce que les décisions politiques s'appuient sur des données et des analyses solides, ainsi que sur les réalités auxquelles sont confrontés les jeunes.
18. Nous saluons les conclusions de la 4e Convention européenne du travail de jeunesse, qui s'est tenue à Malte en mai 2025, et soutenons son suivi en tant que moyen d'accorder la priorité à une vision stratégique pour l'avenir du travail de jeunesse en Europe. Nous réaffirmons notre engagement à améliorer et faire progresser le travail de jeunesse dans nos pays respectifs et à veiller à ce qu'il reste une priorité essentielle grâce à un soutien durable aux organisations de jeunesse et aux prestataires de services de travail de jeunesse. Il s'agit notamment d'investir dans le renforcement des capacités et de favoriser la coopération des travailleurs de jeunesse professionnels et bénévoles afin de promouvoir la reconnaissance et la visibilité du travail de jeunesse, ainsi que de diffuser des normes, des connaissances et des bonnes pratiques tout en adoptant des approches novatrices.
19. Nous nous félicitons de la réforme du Fonds européen pour la jeunesse et convenons que la cogestion, la coopération intergouvernementale, y compris par le biais de l'assistance politique et des plans d'action par pays du Conseil de l'Europe, le programme du label de qualité du Conseil de l'Europe pour les centres de jeunesse, le label de qualité de l'information européenne sur la jeunesse et la promotion d'approches novatrices de la participation des jeunes aux espaces démocratiques et civiques, devraient rester des priorités pour la politique et l'action du Conseil de l'Europe dans le domaine de la jeunesse au cours des prochaines années.
20. Nous réaffirmons que les conférences des ministres responsables de la jeunesse constituent une plateforme décisionnelle importante au niveau européen et appelons les États membres à s'engager à accueillir les futures conférences et prenons note avec gratitude de l'invitation des autorités de Luxembourg à accueillir la prochaine conférence en 2028.
21. Nous remercions les autorités maltaises pour leur initiative d'accueillir la 10e Conférence des ministres responsables de la jeunesse et pour leur généreuse hospitalité.
Résolution sur le Cadre de référence du Conseil de l'Europe sur la perspective de la jeunesse
Les ministres spécialisés des États membres du Conseil de l'Europe, à l'occasion de la Conférence des ministres responsables de la jeunesse, « Les jeunes pour la démocratie : les perspectives des jeunes en action », organisée conjointement par le Conseil de l'Europe et Malte les 8 et 9 octobre 2025 à La Valette, adoptent la résolution suivante :
1. Saluant la contribution positive et le potentiel créatif que les jeunes apportent à nos démocraties et à l'unité européenne, et convaincus que développer avec les jeunes les conditions de leur participation significative à la démocratie renforcera la confiance mutuelle dans la démocratie constitutionnelle, les institutions démocratiques et l'espace civique partagé ;
2. Convaincus que l'intégration des points de vue et des besoins des jeunes dans les domaines de l'élaboration des politiques qui les concernent, permet de mettre en place des politiques plus prospectives et mieux adaptées à l'avenir et de renforcer la démocratie participative ;
3. Vu la déclaration du 4e Sommet du Conseil de l'Europe à Reykjavík, dans laquelle les chefs d'État et de gouvernement du Conseil de l'Europe ont souligné l'importance d'une « perspective de la jeunesse dans les délibérations intergouvernementales et autres de l'Organisation, étant donné que la participation des jeunes aux processus décisionnels améliore l'efficacité des politiques publiques et renforce les institutions démocratiques par un dialogue ouvert » ;
4. Rappelant les principes démocratiques de Reykjavík adoptés par les chefs d'État et de gouvernement du Conseil de l'Europe lors de leur 4e Sommet tenu en 2023, dans lesquels ils se sont également engagés à donner la priorité « au soutien de la participation des jeunes à la vie démocratique et aux processus décisionnels, y compris par l'éducation aux droits de l'homme et aux valeurs démocratiques fondamentales, telles que le pluralisme, l'inclusion, la non-discrimination, la transparence et l'obligation de rendre compte » ;
5. Résolus à créer des approches nouvelles et innovantes pour responsabiliser les jeunes et favoriser leur citoyenneté active, en tenant compte des valeurs du Cadre de référence des compétences pour la culture démocratique et des objectifs de l'Année européenne de l'éducation à la citoyenneté numérique 2025 ;
6. Considérant la Déclaration du Comité des Ministres, adoptée lors de sa 133e Session à Strasbourg (mai 2024, Strasbourg), à l'occasion du 75e anniversaire de l'Organisation, soulignant la relation renouvelée et renforcée entre le Conseil de l'Europe et les jeunes, et se félicitant de l'adoption des quatre éléments articulant la perspective de la jeunesse – Penser avec les jeunes, Apprendre des jeunes et avec les jeunes, Participer avec les jeunes, et Agir avec et pour les jeunes – pour guider l'élaboration d'un Cadre de référence sur la perspective de la jeunesse ;
7. Rappelant les normes du Conseil de l'Europe sur l'accès des jeunes aux droits, sur l'accès des jeunes des quartiers défavorisés aux droits sociaux et sur le travail de jeunesse, telles qu'elles figurent dans les recommandations pertinentes du Comité des Ministres aux États membres et dans la Charte du Conseil de l'Europe sur l'éducation à la citoyenneté démocratique et l'éducation aux droits de l'homme ;
8. Tenant compte des normes relatives à la participation des jeunes, énoncées dans la Charte européenne révisée sur la participation des jeunes à la vie locale et régionale, ainsi que des recommandations et lignes directrices pertinentes du Comité des Ministres ;
9. Attirant l'attention sur la Résolution CM/Res(2020)2 sur la stratégie 2030 du secteur de la jeunesse du Conseil de l'Europe, qui met l'accent sur la revitalisation de la démocratie pluraliste en augmentant la capacité de la société civile des jeunes à faire progresser la démocratie participative et la citoyenneté démocratique, et sur le renforcement de la politique de jeunesse et du travail de jeunesse afin d'éliminer les obstacles à la participation des jeunes ;
10. Reconnaissant le rôle de premier plan joué par le Conseil de l'Europe dans la promotion de la participation des jeunes grâce à son système novateur de cogestion dans le domaine de la jeunesse, qui sert de modèle louable de coopération entre les jeunes et les pouvoirs publics dans les processus d'élaboration des politiques et de prise de décision, et grâce à ses instruments phares, à savoir les Centres européens de la jeunesse de Strasbourg et de Budapest, le Fonds européen pour la jeunesse et l’Accord partiel sur la mobilité des jeunes par la Carte Jeunes.
11. Convaincus que les jeunes et les organisations de jeunesse de la société civile sont de puissants agents de changement, apportant un regard neuf et des solutions innovantes au développement des sociétés européennes, et jouant un rôle important dans l'ouverture du discours public ;
12. Se félicitant des progrès accomplis par le Conseil de l'Europe et son secteur de la jeunesse depuis 1972 pour encourager la participation des jeunes et placer leurs points de vue au premier plan des processus politiques et décisionnels, et félicitant les organes statutaires de la jeunesse d'avoir ouvert la voie à des développements significatifs en matière de politique et d'action.
Compte tenu de ce qui précède :
13. Nous saluons le Cadre de référence du Conseil de l'Europe sur la perspective de la jeunesse, en annexe à la présente Résolution, comme une approche unique et nouvelle offrant une voie pratique vers une élaboration de politiques plus dynamique et plus pertinente, afin que les expériences, les besoins et les intérêts des jeunes soient pris en compte dans tous les domaines politiques qui les concernent.
14. Nous soulignons que le Cadre de référence est un instrument important et novateur pour renforcer la démocratie par la participation des jeunes et pour élaborer des politiques justes et inclusives qui profitent à la fois aux générations actuelles et futures.
15. Nous convenons que la perspective de la jeunesse s'articule autour de quatre éléments conceptuels interconnectés :
a) Attitude : Penser avec les jeunes : l'état d'esprit qui reconnaît les jeunes comme des contributeurs actifs à l'élaboration des politiques,
b) Expérience : Apprendre des jeunes et avec les jeunes : les processus interactifs permettant un apprentissage intergénérationnel, favorisant la compréhension et le respect mutuels entre les décideurs politiques et les jeunes,
c) Compétences : Participer avec les jeunes : les compétences nécessaires à une participation significative des jeunes, fondée sur des valeurs démocratiques telles que l'inclusion, le pluralisme et la non-discrimination,
d) Action : Agir avec et pour les jeunes : l'engagement d'inclure activement les points de vue et les aspirations des jeunes aux différents stades du cycle politique - délibération, formulation, mise en œuvre, suivi et évaluation.
16. Nous convenons en outre que l'intégration effective d'une perspective de la jeunesse dans le travail politique repose sur deux facteurs clés : d'une part, la reconnaissance des jeunes en tant que détenteurs de droits, la valorisation de leurs connaissances, compétences et perspectives, ainsi que l’assurance de leur participation active à l'élaboration des politiques dans les domaines qui les concernent, depuis l'élaboration des politiques jusqu'à leur mise en œuvre, leur suivi, leur évaluation et l'évaluation de leur impact ; et, d'autre part, un engagement soutenu de la part des décideurs politiques et des jeunes, fondé sur la solidarité et la collaboration intergénérationnelles et soutenu par des ressources financières et humaines adéquates.
17. Nous encourageons l'intégration de la perspective de la jeunesse dans les processus d'élaboration des politiques et de prise de décision dans les domaines concernant les jeunes, grâce à une approche progressive qui tient compte des réalités propres à chaque contexte et permet à chaque entité d'évaluer sa propre situation de départ et la manière d'aller de l'avant.
18. Nous nous engageons à envisager d'intégrer davantage la perspective de la jeunesse dans les politiques nationales qui concernent les jeunes, en nous inspirant du Cadre de référence, tout en tenant compte des contextes spécifiques de nos États membres, en vue d'élaborer des politiques réactives, inclusives et efficaces répondant aux besoins et aspirations des jeunes.
19. Nous invitons le Conseil de l'Europe
a) A soutenir les États membres dans leurs efforts pour intégrer la perspective de la jeunesse dans leurs politiques, en s'appuyant sur le Cadre de référence, l'expertise, les ressources et les bonnes pratiques du secteur de la jeunesse du Conseil de l'Europe, et en promouvant la coopération intergouvernementale dans le domaine de la jeunesse.
b) A poursuivre ses travaux dans ce domaine et charger le Conseil mixte sur la jeunesse d'élaborer des outils pratiques (tels que des lignes directrices, des points de vérification et des modules de formation) pour soutenir la mise en œuvre du Cadre de référence et renforcer les efforts de développement des capacités dans ce domaine.
c) A donner la priorité aux efforts visant à intégrer la perspective de la jeunesse dans l'ensemble de l'Organisation, en soulignant l'importance du Cadre de référence du Conseil de l'Europe et en mettant l'accent sur le rôle central des organes statutaires du Conseil de l'Europe chargés de la jeunesse et du Service de la jeunesse, en particulier pour ce qui est de fournir un soutien de grande qualité.
Annexe I de la Résolution
Cadre de référence du Conseil de l'Europe sur la perspective de la jeunesse
1. Introduction
1.1 Les jeunes et les organisations de jeunesse sont de puissants agents de changement positif, qui s'attaquent aux défis sociétaux avec créativité et détermination. Ils jouent un rôle clé dans l'élaboration du discours public sur des questions telles que le changement climatique, la justice sociale, les droits numériques et la participation démocratique, et s'engagent à trouver des solutions aux problèmes locaux et mondiaux.
1.2 Lors de l'événement jeunesse "Avoir confiance en l’avenir", organisé à l'occasion du 75e anniversaire du Conseil de l'Europe (mai 2024), les jeunes ont exprimé leur attachement à une Europe démocratique et discuté de leur anxiété et de leurs inquiétudes quant à l'état de la démocratie. Ils ont exprimé leur frustration à l'égard des institutions démocratiques qui ne parviennent pas à protéger les droits de l'homme, à faire respecter l'État de droit et à promouvoir la paix. Ils ont fait part de leur profonde inquiétude quant au fait que leur espace civique ne se réduit pas seulement, mais qu'il est activement attaqué, soulignant la montée de l'autoritarisme et des tendances antidémocratiques comme des facteurs clés contribuant à ce déclin, et mettant l'accent sur la menace qu'ils représentent pour leur capacité à opérer et à défendre les droits et les libertés.
1.3 Les jeunes des États membres du Conseil de l'Europe sont confrontés à des obstacles à la participation civique, à la marginalisation démographique, à la discrimination, à l'insécurité économique et à un environnement numérique peu sûr qui peuvent, entre autres, les décourager de participer. En conséquence, les États membres sont confrontés à un faible taux de participation des jeunes aux élections, qui peut atteindre
50 % ou moins, selon le type d'élection. La représentation limitée des jeunes dans l'élaboration des politiques crée à son tour un fossé important entre les décisions politiques et leurs expériences vécues. Une enquête réalisée en 2022 montre que la confiance des jeunes dans leurs gouvernements pour protéger leurs droits de manière adéquate a diminué de manière significative.
1.4 En outre, les jeunes sont confrontés à un ensemble complexe de défis sociaux qui les empêchent d'exercer pleinement leurs droits. Ils sont particulièrement vulnérables à la pauvreté, au sans-abrisme et aux problèmes de santé, tant physique que mentale. Des obstacles à l'éducation, à la formation professionnelle et à l'emploi subsistent, en particulier pour les groupes de jeunes vulnérables et marginalisés.
1.5 Alors que les inégalités sociales et économiques se creusent et que les valeurs du Conseil de l'Europe continuent d'être remises en question, les jeunes perdent confiance dans la démocratie et les institutions et sont exposés à l'exclusion sociale. Ils ressentent un réel besoin de paix et d'un environnement qui crée des espaces sûrs où ils peuvent apprendre et s'épanouir, notamment grâce à une éducation qui favorise la pensée critique et l'engagement civique. En restant informés et impliqués dans les processus d’élaboration des politiques et de prise de décision, ils peuvent contribuer à créer un avenir plus inclusif et plus juste dans un monde incertain, où les voix de tous les jeunes sont entendues et prises en compte. Développer et s’assurer des conditions de la participation des jeunes à la démocratie avec les jeunes eux-mêmes renforcera également la confiance mutuelle dans la démocratie constitutionnelle, les institutions démocratiques et l'espace civique partagé.
2. Le travail du Conseil de l'Europe dans le domaine de la jeunesse et l'émergence d'un nouveau Cadre de référence sur la perspective de la jeunesse
2.1 Depuis plus de 50 ans, le Conseil de l'Europe reconnaît le rôle crucial des jeunes et des organisations de jeunesse dans la promotion de la démocratie, des droits de l'homme et de l'État de droit. L'Organisation a créé des structures qui encouragent la participation des jeunes, et leur implication active a été essentielle pour préserver et faire progresser ces valeurs. Au sein du service de la jeunesse, le système de cogestion, dans lequel les jeunes et les autorités publiques collaborent aux processus d'élaboration des politiques et de prise de décision, est un exemple notable. Les Centres européens de la jeunesse de Strasbourg et de Budapest offrent des espaces sûrs pour le travail de la jeunesse, tandis que le Fonds européen pour la jeunesse soutient les activités des jeunes dans tous les États membres. Le partenariat entre l'UE et le Conseil de l'Europe dans le domaine de la jeunesse a favorisé la coopération entre les deux organisations sur des sujets d'intérêt commun.
2.2 La participation des jeunes est intégrée dans diverses politiques et initiatives du Conseil de l'Europe. La recommandation Rec(2006)14 du Comité des Ministres sur la citoyenneté et la participation des jeunes à la vie publique souligne l'importance de l'implication des jeunes dans la démocratie et propose des lignes directrices aux États membres sur la manière d'y parvenir. Le Cadre stratégique 2020 de l'Organisation et sa Feuille de route sur l'engagement de la société civile auprès du Conseil de l'Europe 2024-2027 soulignent tous deux l'importance de la participation des jeunes dans la promotion des droits de l'homme, de la démocratie et de l'État de droit. La Charte européenne révisée sur la participation des jeunes du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux fournit un ensemble de principes, de bonnes pratiques et de lignes directrices pour renforcer la participation des jeunes aux niveaux local et régional. La résolution 152(2023) du Congrès souligne que la participation devrait inclure le droit, les moyens et l'opportunité pour les jeunes de s'engager dans la prise de décision, avec un soutien adéquat. Des outils concrets, comme l’Accord Partiel sur la mobilité des jeunes par la Carte Jeunes, soutiennent également la participation des jeunes et facilitent leur accès aux droits.
2.3 Le 4e Sommet des chefs d'État et de gouvernement des 46 États membres du Conseil de l'Europe (mai 2023) a défini une nouvelle approche pour l'Organisation, notamment l'intégration d'une perspective sur la jeunesse dans ses travaux, y compris les activités intergouvernementales et autres. « Nous plaçons le Conseil de l'Europe sur une nouvelle voie de transparence et de coopération accrues avec ses parties prenantes, avec une visibilité renforcée et des ressources suffisantes. Cela devrait inclure une perspective sur la jeunesse dans les délibérations intergouvernementales et autres de l'Organisation, car la participation des jeunes aux processus de prise de décision améliore l'efficacité des politiques publiques et renforce les institutions démocratiques grâce à un dialogue ouvert. Nous appelons également à un examen et à un renforcement de l'action de l'Organisation auprès des organisations de la société civile et des institutions nationales des droits de l'homme, ainsi qu'à un engagement significatif avec ces dernières ». Déclaration de Reykjavík, 16 mai 2023.
2.4 Les Principes de Reykjavík pour la démocratie ont souligné la nécessité "d'investir dans un avenir démocratique en veillant à ce que chacun soit en mesure de jouer son rôle dans les processus démocratiques », soulignant que « la priorité sera accordée au soutien de la participation des jeunes à la vie démocratique et aux processus décisionnels, notamment par l'éducation aux droits de l'homme et aux valeurs démocratiques fondamentales, telles que le pluralisme, l'inclusion, la non-discrimination, la transparence et l'obligation de rendre des comptes ». Ils ont également réaffirmé que « la société civile est une condition préalable au bon fonctionnement de la démocratie et s'engagent à soutenir et à maintenir un environnement sûr et favorable dans lequel la société civile, ainsi que les défenseurs des droits de l'homme, peuvent agir sans entrave, sans insécurité et sans violence ».
2.5 La Déclaration de Reykjavík marque un engagement clair du Conseil de l'Europe et de ses États membres à renforcer la participation des jeunes aux processus d'élaboration des politiques et de prise de décision, avec la possibilité de renforcer encore la volonté politique, la coopération, les ressources et l'innovation en matière d'engagement des jeunes.
2.6 Au niveau des États membres et du Conseil de l'Europe, l'inclusion d'une perspective sur la jeunesse peut contribuer à contrecarrer les tendances à la non-participation des jeunes aux processus démocratiques et à la baisse de confiance dans les institutions publiques. Elle peut également démocratiser l'élaboration des politiques en permettant le développement de politiques fondées sur le dialogue et une approche intergénérationnelle, qui sont susceptibles de mieux répondre aux besoins des citoyens et ont donc un impact direct sur la société dans son ensemble. Une vaste culture de la participation est un facteur important qui permet à la perspective de la jeunesse de s'épanouir.
2.7 En conséquence, le Conseil mixte sur la jeunesse (CMJ) a commencé à travailler sur un Cadre de référence afin d'intégrer la perspective sur la jeunesse dans divers domaines politiques. Le Cadre de référence comprend quatre éléments conceptuels : Penser avec les jeunes, Apprendre des jeunes et avec les jeunes, Participer avec les jeunes et Agir avec et pour les jeunes. En 2024, le Comité des Ministres a approuvé ces éléments pour guider la préparation et la mise en œuvre du Cadre de référence.
2.8 Le Cadre de référence est conçu pour renforcer la collaboration entre les jeunes, la société civile de la jeunesse et les décideurs politiques aux niveaux national, régional et local, conformément à la Stratégie 2030 du secteur de la jeunesse du Conseil de l'Europe dans l'élaboration des politiques et la prise de décision. En outre, il vise à soutenir les organes du Conseil de l'Europe et les comités intergouvernementaux dans leurs efforts pour intégrer la perspective sur la jeunesse dans leur travail.
2.9 Le Cadre de référence est flexible, permettant aux utilisateurs de l'adapter à leurs contextes et besoins spécifiques, en s'appuyant sur l'expertise du secteur de la jeunesse du Conseil de l'Europe et d'autres expériences pertinentes. Il devrait évoluer vers une boîte à outils pour soutenir davantage l'intégration d'une perspective jeunesse, grâce à des outils pratiques tels que des modules de formation, des listes de contrôle, des lignes directrices et un recueil de bonnes pratiques à tous les niveaux. Des activités de sensibilisation et de renforcement des capacités l'accompagneront.
2.10 Les sections suivantes visent à fournir des orientations sur les fondements matériels et méthodologiques du Cadre de référence et sur la manière dont il peut être mis en œuvre au sein du Conseil de l'Europe. Le Cadre de référence peut également être utilisé par les États membres.
3. La vision
3.1 Reconnaissant la contribution positive et le changement que les jeunes apportent à la démocratie et à l'unité européenne, et renouvelant l'engagement en faveur de l'amélioration des conditions de vie, de la protection et du développement des droits humains des jeunes, le Cadre de référence du Conseil de l'Europe sur la perspective de la jeunesse envisage :
a) Une démocratie participative – garantir la participation significative des jeunes aux processus démocratiques et renforcer l'impact, la pertinence et la résilience des politiques publiques dans toute l'Europe ;
b) Des politiques inclusives qui profitent aux jeunes – générations actuelles et futures – dans tous les domaines politiques qui les concernent, tout en promouvant la transparence, l'équité et un dialogue ouvert avec les diverses parties prenantes.
4. Les quatre éléments conceptuels de la « perspective sur la jeunesse »
4.1 La « perspective sur la jeunesse » est une approche stratégique de l'élaboration des politiques et de la prise de décision qui garantit que les expériences, les besoins et les intérêts des jeunes sont systématiquement pris en compte aux différents stades du processus politique. Elle reconnaît les contributions compétentes des jeunes et s’assure de leur participation significative. Cette approche vise à créer des politiques plus pertinentes et orientées vers l'avenir en introduisant des changements structurels dans la manière dont les politiques sont élaborées, adoptées, adaptées, mises en œuvre et évaluées avec et pour les jeunes.
4.2 La « perspective sur la jeunesse » peut être abordée à travers quatre éléments conceptuels interconnectés : Penser avec les jeunes, Apprendre des jeunes et avec eux, Participer avec les jeunes et Agir avec et pour les jeunes. Chacun de ces éléments contribue à une approche globale et, ensemble, ils peuvent favoriser un engagement significatif des jeunes dans les processus politiques. Les éléments sont décrits comme suit :
4.3 Penser avec les jeunes – Attitude : l'état d'esprit qui consiste à reconnaître que les jeunes contribuent activement à l'élaboration des politiques. Cela implique de :
a) Ouvrir des canaux de communication avec les jeunes et les organisations et structures de jeunesse pour mieux comprendre leurs aspirations, leurs besoins et leurs préoccupations ;
b) Mener des recherches pour comprendre les ambitions et les expériences des jeunes, en vue d'élaborer des politiques fondées sur des données probantes ;
c) Remettre en question les stéréotypes et promouvoir le respect des points de vue et des expériences vécues des jeunes.
4.4 Apprendre des jeunes et avec eux – Expérience : les processus interactifs permettant l'apprentissage intergénérationnel, favorisant la compréhension et le respect mutuels entre les décideurs politiques et les jeunes. Cela implique de :
a) Encourager un dialogue ouvert avec un éventail large et diversifié de jeunes et créer un environnement inclusif et empathique avec une responsabilité partagée ;
b) Mettre en place ou renforcer des mécanismes qui permettent aux jeunes de contribuer de manière significative à l'élaboration des politiques et à la prise de décision, dans les domaines qui les concernent ;
c) Construire et adapter avec les jeunes des outils participatifs qui répondent à leurs besoins divers et qui favorisent la solidarité et l'apprentissage intergénérationnel.
4.5 Participer avec les jeunes – Compétences : les compétences nécessaires à une participation significative des jeunes, fondée sur des valeurs démocratiques telles que l'inclusion, le pluralisme et la non-discrimination. Cela implique de :
a) Développer les capacités des décideurs politiques, des travailleurs de jeunesse, des jeunes et des organisations et structures de jeunesse afin d'améliorer les compétences nécessaires à une participation significative et à une collaboration intergénérationnelle efficace ;
b) Utiliser un langage accessible et adapter les méthodes pour un engagement efficace des jeunes ;
c) Développer conjointement des outils pour la prise de décision intergénérationnelle et renforcer l'infrastructure de la participation des jeunes.
4.6 Agir avec et pour les jeunes – Action : l'engagement d'inclure activement les opinions et les aspirations des jeunes dans le cycle politique - délibération, formulation, mise en œuvre, suivi et évaluation. Cela implique de :
a) Créer des espaces sûrs pour le dialogue et une participation significative des jeunes;
b) Allouer des ressources pour élaborer conjointement des politiques qui façonnent un avenir durable et inclusif ;
c) Assurer un suivi adéquat des propositions des jeunes et de la mise en œuvre des changements politiques convenus.
4.7 Ensemble, ces quatre éléments conceptuels jettent les bases d'une intégration significative et durable de la voix des jeunes dans les processus d’élaboration des politiques et de prise de décision. Cependant, l'intégration de la perspective sur la jeunesse dans les processus politiques nécessite de comprendre que différentes institutions et structures peuvent partir de points différents. L'approche doit être spécifique au contexte, chaque structure devant évaluer son propre point de départ pour réaliser des progrès concrets. L'accent doit être mis sur la réflexion et l'amélioration continues, en veillant à ce que la participation des jeunes soit incluse dans les différents domaines politiques concernant la jeunesse.
4.8 Une intégration efficace repose sur deux facteurs principaux :
a) La reconnaissance des connaissances, des compétences et des perspectives des jeunes : reconnaître les jeunes en tant que détenteurs de droits, assurer leur participation active aux processus d’élaboration des politiques et de prise de décision, depuis leur développement jusqu'à leur mise en œuvre, leur suivi et leur évaluation, y compris l'évaluation de l'impact.
b) Engagement et ressources : l'intégration d'une perspective sur la jeunesse doit être soutenue dans le temps, ce qui nécessite à la fois un engagement institutionnel et des ressources adéquates. Ces dernières incluent :
i. Des ressources financières : Un financement suffisant pour soutenir la participation des jeunes et les processus nécessaires à l'intégration d'une perspective sur la jeunesse.
ii. Des ressources humaines : Du temps et des capacités dédiés au personnel pour une collaboration intersectorielle efficace en vue d'intégrer la perspective sur la jeunesse dans les politiques.
5. Principes directeurs pour l'intégration du point de vue des jeunes dans les processus décisionnels
5.1 Les principes d'intégration de la perspective sur la jeunesse dans les processus de prise de décision sont les suivants :
a) Les jeunes en tant que détenteurs de droits : Les jeunes ont des besoins spécifiques qui doivent être pris en compte dans les domaines politiques qui les concernent. Ils ont le droit de participer sur un pied d'égalité et d'influencer les différentes étapes du cycle politique. La coopération avec le secteur de la jeunesse afin d’adapter les processus d’élaboration des politiques et de prise de décision, en veillant à l’intégration effective des opinions et aspirations des jeunes, devrait être encouragée.
b) Approche fondée sur les droits de l'homme : La participation des jeunes devrait être guidée par les valeurs des droits de l'homme, de la démocratie et de l'État de droit, telles que définies dans la Convention européenne des droits de l'homme. Les jeunes sont divers, avec des différences d'âge, de sexe, de milieu socio-économique et de région, ce qui peut avoir un impact sur leur capacité à exercer leurs droits.
c) Approche intersectorielle : La perspective sur la jeunesse doit être intégrée dans tous les secteurs. La collaboration entre les entités chargées de la politique de la jeunesse et celles chargées d'autres domaines politiques devrait être une priorité, avec des structures transparentes et des ressources adéquates consacrées à l'engagement des jeunes.
d) Justice et solidarité intergénérationnelles : L'intégration d'une perspective sur la jeunesse devrait prendre en compte l'équité et le respect mutuel entre les générations, tout en tenant compte de l'impact et des conséquences des décisions d'aujourd'hui sur les générations actuelles et futures de la société.
e) Coopération interdisciplinaire et multipartite : L'expertise de divers domaines, de la société civile, des organisations de jeunesse, du monde universitaire et des groupes de défense devrait être systématiquement intégrée pour créer des politiques équitables et durables.
f) Intersectionnalité : Les politiques doivent s'attaquer aux obstacles rencontrés par les jeunes issus de milieux différents et aux identités croisées, en garantissant une participation équitable, en particulier pour les groupes vulnérables et marginalisés.
g) Action à plusieurs niveaux : Les autorités à tous les niveaux devraient promouvoir activement et faciliter le renforcement des capacités des jeunes à s'engager dans les processus de prise de décision dans les domaines qui les concernent.
h) Durabilité : L'investissement à long terme dans le leadership des jeunes, l'éducation civique et les partenariats durables avec les structures de jeunesse est essentiel pour une participation significative. Les mécanismes d'intégration de la perspective de la jeunesse doivent être régulièrement évalués et adaptés afin de garantir qu'ils restent pertinents et réactifs.
6. Orientations pratiques pour l'intégration du point de vue des jeunes dans les processus décisionnels
6.1 Si les éléments conceptuels décrits dans la section 4 permettent aux utilisateurs d'établir une base solide pour ce processus, l'approche en trois phases suivante décrit en termes pratiques comment une perspective sur la jeunesse peut être pleinement mise en œuvre de manière séquentielle.
6.2 Cette approche repose sur trois phases consécutives : 1) Préparation, 2) Conception et mise en œuvre, et 3) Suivi et évaluation, qui doivent être adaptés aux différents besoins et contextes dans les États membres et au niveau du Conseil de l'Europe. Ces trois phases permettent de proposer ou de réviser des politiques pour répondre aux besoins et protéger les droits des jeunes.
PHASE 1. PRÉPARATION
6.3 Cette phase consiste à établir des bases solides pour l'intégration d'une perspective sur la jeunesse, avec plusieurs exigences clés :
a) Un engagement politique de haut niveau de la part des principaux acteurs politiques pour soutenir l'intégration de la perspective sur la jeunesse dans les domaines politiques qui les concernent.
b) L'engagement des jeunes à participer activement aux processus de prise de décision une fois que l'engagement politique de haut niveau a été confirmé.
c) Des normes et des législations habilitantes qui contribuent à faire passer l'élaboration des politiques d'une approche sectorielle traditionnelle à une approche qui intègre les préoccupations des jeunes dans toutes les politiques. Il peut s'agir de :
i. Définir des mécanismes de gouvernance pour les interactions politiques entre les secteurs sur les questions liées à la jeunesse.
ii. Exiger des acteurs extérieurs au secteur de la jeunesse qu'ils s'engagent sur les questions liées à la jeunesse.
iii. Permettre au secteur de la jeunesse, y compris aux organisations de jeunesse, de partager son expertise, tout en veillant à ce que les autres secteurs apportent des ressources et soutiennent activement l'intégration d'une perspective de la jeunesse.
d) Accroître la capacité organisationnelle en renforçant les ressources et les compétences tant dans le secteur de la jeunesse que dans d'autres secteurs politiques afin de faciliter l'intégration de la perspective de la jeunesse. Les efforts devraient inclure :
i. Le renforcement des capacités de dialogue, de partage d'informations et de co-conception d'outils.
ii. Des investissements dans la création et la préservation d'espaces de participation des jeunes, à la fois formels et non formels.
PHASE 2 : CONCEPTION ET MISE EN ŒUVRE
6.4 Cette phase consiste à rendre opérationnelle l'intégration de la perspective sur la jeunesse en identifiant les politiques prioritaires qui ont l'impact le plus important sur les jeunes, en recueillant des contributions et en adaptant les politiques en conséquence. Il s'agit notamment de :
a) Mécanismes participatifs durables : Mettre en œuvre des mécanismes de participation des jeunes aux délibérations politiques à différents stades, tels que des consultations de jeunes, des forums, des groupes consultatifs ou des structures de cogestion. Ces mécanismes doivent être élaborés en collaboration avec les jeunes et les organisations de jeunesse afin de garantir une participation significative.
b) Évaluations de l'impact expertes fondées sur les droits humains : Envisager de réaliser des évaluations pour déterminer l'impact des politiques sur les jeunes avant de prendre des décisions politiques (ex ante) et après leur mise en œuvre (ex post).
PHASE 3 : SUIVI ET ÉVALUATION
6.5 Cette phase vise à garantir la poursuite de l’intégration effective de la perspective sur la jeunesse, notamment par les moyens suivants :
a) Une évaluation technique : Évaluer la qualité de l'intégration de la perspective de la jeunesse conformément au Cadre de référence.
b) Suivi et évaluation fondés sur les droits humains : Les évaluations de l'impact des politiques sur les jeunes devraient être menées après leur mise en œuvre. Ces évaluations devraient impliquer les jeunes et les organisations de jeunesse, les chercheurs, les travailleurs de jeunesse et les décideurs politiques, et utiliser des indicateurs mesurables, y compris des indicateurs relatifs aux droits humains.
6.6 Les institutions et les structures intéressées par l'intégration significative d'une perspective sur la jeunesse sont encouragées à commencer par évaluer leur position actuelle dans ce Cadre. À partir de là, elles peuvent prendre des mesures concrètes pour intégrer la perspective sur la jeunesse dans les processus politiques en utilisant l'approche opérationnelle en trois phases.
7. Engagement et soutien à l'intégration de la perspective sur la jeunesse
7.1 L'intégration d'une perspective sur la jeunesse doit rester une priorité pour le Conseil de l'Europe. Elle nécessite un engagement et des efforts proactifs et à long terme pour faire de la participation des jeunes une composante essentielle des processus d'élaboration des politiques. Des ressources appropriées (tant financières qu'humaines) et un renforcement des capacités sont nécessaires pour la mettre en œuvre avec succès.
7.2 Plus spécifiquement pour le Conseil de l'Europe, il est important de :
a) Adopter une approche stratégique globale, basée sur ce Cadre de référence, et un plan d'action pour garantir l'intégration d'une perspective sur la jeunesse dans l'ensemble de l'Organisation.
b) Encourager les opportunités d'apprentissage mutuel entre le personnel du Conseil de l'Europe, les représentations et les jeunes, sur la base de l'expertise et des réseaux du Service de la jeunesse.
c) Renforcer l'assurance qualité et l'accès aux outils et matériels de soutien, en reconnaissant le rôle central du service de la jeunesse à cet égard, ainsi que les orientations visant à rendre opérationnel le Cadre de référence.
d) Continuer à soutenir l'intégration de la perspective sur la jeunesse dans les différents secteurs, instruments et organismes, en s'appuyant sur la contribution active et l'expertise du Conseil consultatif sur la jeunesse et de ses organisations partenaires.
7.3 En outre, en ce qui concerne la coopération avec les États membres et les organisations de jeunesse de la société civile, le service de la jeunesse, sous réserve de ressources appropriées, s'acquittera des tâches suivantes :
a) Offrir des conseils sur les mécanismes participatifs et identifier les bonnes pratiques pour répondre aux besoins sectoriels dans l'ensemble de l'Organisation et dans les États membres, par l'intermédiaire de son Conseil mixte sur la jeunesse.
b) Continuer à responsabiliser les jeunes, à promouvoir le partage des connaissances et le transfert de compétences en soutenant les représentants de la jeunesse dans les activités de plaidoyer et les campagnes, les communautés de pratique et les plates-formes d'échange entre pairs.
c) Renforcer les mesures d'assistance politique pour les États membres (y compris les missions de conseil en matière de politique de la jeunesse, les évaluations par les pairs, les modèles de formation 50/50) afin de soutenir l'intégration d'une perspective sur la jeunesse dans les politiques et actions nationales.
d) Développer de nouveaux outils (lignes directrices, points de vérification, modules de formation) pour faciliter la mise en œuvre pratique du Cadre de référence.
8. Conclusion
8.1 Lors du Sommet de Reykjavík, le Conseil de l'Europe et ses États membres ont réaffirmé leur engagement en faveur de politiques publiques efficaces et d'institutions démocratiques plus fortes grâce à un dialogue ouvert. Ce Cadre de référence vise à honorer cet engagement en soutenant l'intégration de la perspective sur la jeunesse dans les domaines politiques qui concernent les jeunes. L'intégration de la perspective sur la jeunesse n'est pas seulement une question d'inclusion, de justice intergénérationnelle et d'équité. Il s'agit d'un besoin politique de créer des politiques agiles qui sont à la fois tournées vers l'avenir et sensibles à l'évolution des besoins des jeunes.
8.2 Comme l'a montré le Conseil de l'Europe, les jeunes et les organisations de jeunesse sont de puissants agents de changement positif, apportant un regard neuf et des solutions innovantes à des défis sociétaux pressants. Ils sont prêts à exprimer leurs besoins et leurs aspirations. Leur participation aux processus d'élaboration des politiques et de prise de décision est essentielle pour garantir que les politiques sont pertinentes, à l'épreuve du temps et adaptées aux réalités dynamiques.
8.3 Le véritable défi consiste toutefois à faire en sorte que la voix des jeunes soit entendue, écoutée et prise en compte de manière à entraîner des changements politiques significatifs et tangibles. Le Cadre de référence offre une voie claire pour réformer l'élaboration des politiques et transformer la participation et l'engagement des jeunes en une force substantielle de changement, en mettant les demandes des jeunes sur un pied d'égalité dans tous les domaines politiques qui les concernent.
8.4 L'intégration réussie du Cadre de référence dépend de la volonté politique et de l'engagement continus des institutions et des décideurs politiques, ainsi que de l'engagement et du soutien continus des jeunes et des organisations de jeunesse. Les jeunes ont des connaissances, des compétences et des perspectives, et peuvent apporter leur expertise ; ils doivent être reconnus comme des détenteurs de droits. Leur participation significative doit être assurée à chaque étape de l'élaboration des politiques. En outre, sans l'adaptation ou l'adoption de politiques reflétant les conclusions des mécanismes de consultation et des évaluations d'impact, l'exercice de la perspective de la jeunesse risque d'être symbolique et de renforcer la coupure existante entre les jeunes et les décideurs politiques. Pour avoir un impact durable, le Cadre de référence devrait également être soutenu par des ressources suffisantes et dans un processus continu de réflexion et d'amélioration.
8.5 En s'engageant en faveur du Cadre de référence et de sa mise en œuvre, le Conseil de l'Europe et les décideurs politiques européens réaffirment leur volonté d'intégrer la perspective sur la jeunesse dans l'élaboration d'un avenir de politiques justes et inclusives qui bénéficieront aux générations actuelles et futures.
[1] Ce document a été classé en diffusion restreinte jusqu'à la date de son examen par le Comité des Ministres.